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La Chine s’en prend aux jeux en ligne qu’elle considère comme de « l’opium virtuel »


© Isopix

Les jeux en ligne vont-ils être la nouvelle cible des régulateurs chinois ? Tout porte à croire que oui. Les investisseurs prennent peur.

La Chine est en train de faire le ménage parmi ses fleurons technologiques. A priori, le secteur des jeux en ligne sera la prochaine victime des régulateurs. C’est en tout cas le ton donné par le journal étatique Economic Information Daily, affilié à l’agence de presse publique Xinhua, dans un article ce mardi.

Dans le papier, les jeux en ligne sont qualifiés « d’opium spirituel » et de « drogues électroniques ». Le journal alerte notamment sur les dégâts qu’ils causent chez les jeunes, chez qui la dépendance à ces jeux serait « répandue ». D’après le journal, en 2020, plus de la moitié des enfants chinois étaient myopes et les jeux en ligne affectaient leur éducation.

« Aucune industrie, aucun sport, ne peut être autorisé à se développer d’une manière qui détruira toute une génération », ponctue le journal.

Déclin historique pour Tencent

Suite à la publication de cet article, nombre d’investisseurs ont conclu que le secteur des jeux en ligne était dans le collimateur des régulateurs chinois.

Le géant technologique Tencent, principalement actif dans les réseaux sociaux et les jeux en ligne, a a vu son action chuter de plus de 10% dans les échanges matinaux à Hong Kong, ce qui a fait perdre près de 60 milliards de dollars à sa capitalisation boursière. Il s’agit de sa plus forte baisse en dix ans.

Le jeu le plus populaire de Tencent, « Honor of Kings », a d’ailleurs été épinglé plusieurs fois dans l’article de l’Economic Information Daily. L’article a indiqué que certains étudiants y jouaient jusqu’à huit heures par jour.

Même chose pour NetEase, le plus grand rival de Tencent sur le secteur des jeux en ligne. L’entreprise chinoise a enregistré une chute de plus de 15% dans la matinée.

D’autres poids lourds de l’industrie du jeu en ligne, tels que XD Inc et GMGE Technology Group Ltd, ont également plongé.

Des précédents

Ce n’est pas la première fois que Pékin émet de fortes réticences envers les jeux en ligne, précise la CNBC. En 2018, les autorités avaient gelé les approbations de nouveaux jeux en raison de préoccupations concernant l’impact des jeux sur la vue des jeunes. Les jeux en ligne nécessitent ainsi des approbations de la part des régulateurs.

Un an plus tard, la Chine avait introduit des règles qui interdisent aux moins de 18 ans de jouer à des jeux en ligne entre 22 heures et 8 heures du matin. Il y a aussi une limite de temps pendant lequel ils peuvent jouer.

Toutefois, l’article de ce mardi indique que ces règles ne suffisent pas. Citant des experts juridiques et des professeurs, le journal rapporte que les restrictions actuelles ne permettent pas de suivre le développement du secteur pour prévenir la dépendance des jeunes, et qu’il devrait y avoir davantage de « moyens obligatoires » pour accroître la responsabilité sociale des entreprises de jeux en ligne.

Ce qui annonce plus que probablement l’arrivée d’une volée de nouvelles mesures règlementaires sur le secteur.

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