“Je pourrais tirer sur quelqu’un, je ne perdrais aucun électeur” : Donald Trump continue son one-man show aux Etats-Unis 

“Je pourrais tirer sur quelqu’un, je ne perdrais aucun électeur” : Donald Trump continue son one-man show aux Etats-Unis 

Donald Trump s’est encore fait remarquer par une sortie polémique dont il a le secret. Mais son discours plaît : le milliardaire a de fortes chances de remporter la primaire républicaine et d’être candidat à l’élection présidentielle américaine.

“Je pourrais tirer sur quelqu’un en pleine 5e Avenue (à New York), et je ne perdrais aucun électeur” : voilà la phrase exacte que Donald Trump a prononcé lors d’un meeting samedi en Iowa. On pourrait presque en rire si l’homme d’affaires n’était pas sérieux et qu’il n’avait pas tort. Sa campagne pour l’investiture républicaine en vue de l’élection présidentielle aux États-Unis a été un enchaînement de phrases tapageuses, inquiétantes, racistes, sexistes.

Et pourtant, le milliardaire est en tête des intentions de votes dans son camp : selon un dernier sondage de CNN, 37% des Républicains sont prêts à voter pour lui. Ce qui ferait de Trump le candidat républicain, face à Hillary Clinton ou Bernie Sanders, les deux favoris chez les Démocrates. Flippant quand on entend les discours prononcés par Trump. Interrogé sur sa dernière sortie médiatique, il a refusé de délivrer le fond de sa pensée. Alors que le débat sur les armes fait rage aux États-Unis, cette petite phrase prouve que l’homme d’affaires se moque des conventions. Il l’avait déjà prouvé par le passé.

Il a demandé “l’arrêt total et complet de l’entrée des musulmans aux Etats-Unis”

C’est (pour l’instant) la phrase de Donald Trump qui a fait le plus parler. Il a demandé au gouvernement américain d’interdire l’entrée aux États-Unis à les musulmans. Une phrase prononcée après la tuerie de San Bernardino par un couple sympathisant de Daech. Ou comment jeter de l’huile sur le feu en une seule leçon par Donald Trump alors que le président Obama avait lancé un appel solennel pour ne pas stigmatiser la communauté musulmane. Le pire étant que Trump a réitéré ses propos à plusieurs reprises. Faut-il préciser qu’un tollé de protestation a suivi ? Ce qui n’a ne l’a pas calmé. “J’ai des amis musulmans, ce sont des gens très bien, mais ils savent qu’il y a un problème, et on ne peut plus le tolérer”, s’est-il défendu, rejetant tout racisme.

“Comment peut-elle satisfaire son pays si elle ne satisfait pas son mari ?” au sujet d’Hillary Clinton

Donald Trump a déjà prouvé sa misogynie à plusieurs reprises. En avril dernier, il s’était fendu de ce commentaire philosophe sur Hillary Clinton. Une allusion non dissimulée à l’aventure qu’avait eu son mari Bill Clinton avec Monica Lewinski à l’époque où il était président des États-Unis. En cas de duel avec Trump pour la présidentielle, Hillary Clinton aurait de sérieuses sources de motivation. Faut-il préciser que le milliardaire ne s’est jamais excusé ?

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Pour lui, les Mexicains “apportent des drogues, apportent le crime, ce sont des violeurs”

Donald Trump n’ira jamais passer ses vacances au Mexique. L’immigration clandestine mexicaine est l’un des ses principaux arguments de campagne. Alors il se lâche quand il évoque ce sujet. “Quand le Mexique nous envoie ces gens, ils n’envoient pas les meilleurs d’entre eux. Ils apportent des drogues. Ils apportent le crime. Ce sont des violeurs”, a-t-il lancé en juin dernier. Trump a également promis de construire un mur de 2.000 km à la frontière entre les États-Unis et le Mexique. “Le Mexique paiera pour le construire. Prenez-en bien note”, a-t-il assuré.

Bon, sauf que le Mexique n’a pas vraiment apprécié. Pour Miguel Ángel Osorio Chong, le ministre de l’Intérieur mexicain, “ce personnage ne cherche qu’à créer la polémique et non un projet”. En s’attaquant de la sorte aux Mexicains, Trump se coupe également d’une partie importante de l’électorat. La communauté latina représente 17% de la population américaine et avait joué un rôle important lors de la victoire de Barack Obama en 2008.

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“Le concept de réchauffement climatique a été créé par et pour les Chinois dans le but de rendre l’industrie américaine non-compétitive”

Donald Trump n’aime ni les Chinois, ni la fausse polémique sur le réchauffement climatique. Alors il met les deux dans le même sac. Climato sceptique déclaré, Trump avait apporté sa contribution poussée au débat en septembre. “Je ne crois pas au changement climatique. C’est juste de la météo”, avait-il expliqué, ajoutant : “Ça a toujours été comme ça, le temps change, il y a des tempêtes, de la pluie, et des belles journées”. Profond.

Il s’est moqué d’un journaliste handicapé

Serge Kovaleski est journaliste au New York Times. En novembre dernier, il a prouvé Donald Trump qu’il avait tort. L’homme d’affaires avait assuré que les attentats du World Trade Center avaient été célébrés par des personnes dans le New Jersey. Sa source ? Un article du Washington Post, signé notamment par Kovaleski. Ce dernier a contredit Trump. La réponse du candidat à la primaire républicaine ? Il a imité Kovaleski en plein meeting, accentuant les gestes du journaliste, atteint d’athrogrypose, une maladie congénitale réduisant la mobilité des articulations. Classe. Le camp de Trump a affirmé que le candidat n’étais pas au courant du handicap du journaliste. On n’est pas obligé de les croire.

Malgré toutes ces casseroles, et en attendant les prochaines dans les jours à venir, Donald Trump est désormais un candidat crédible pour devenir président des États-Unis. L’élection aura lieu le 20 janvier 2017.

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