Débat électrique entre De Wever et Nollet: tout oppose la N-VA et Ecolo/Groen

Débat électrique entre De Wever et Nollet: tout oppose la N-VA et Ecolo/Groen

Si les deux présidents de parti s’accordent sur certains constats, ils différent totalement dans les solutions à apporter. Bart De Wever (N-VA) et Jean-Marc Nollet (Ecolo) étaient invités à débattre ce mercredi soir par De Tijd et l’Echo. Ils ont montré deux visions de notre société, diamétralement opposées. La question est maintenant de savoir si la Belgique va battre son propre record de 541 jours sans gouvernement.

« Je suis content de le voir ce soir, et de pouvoir débattre, parce que je ne le vois pas le jeudi au Parlement. Il vient pour les votes parce qu’il faut le faire pour être payé. » À ceux qui croyaient que Jean-Marc Nollet (Ecolo) allait se faire aplatir par Bart De Wever (N-VA), ils se sont trompés.

L’un est le président du plus grand parti du pays, l’autre est le co-président de son premier challenger. Quand Bart De Wever fait jouer en toutes circonstances son pragmatisme – cynisme, diront ses opposants – Jean-Marc Nollet répond par son idéalisme – naïveté, diront ses opposants.

De Tijd et l’Echo ont eu la bonne idée de les inviter à débattre ce mercredi soir sur le site de Tour et Taxi. Si Paul Magnette (PS) était le premier choix pour affronter le bourgmestre d’Anvers, le refus du PS de vouloir débattre avec la N-VA a redistribué les cartes. Qui d’autre que Jean-Marc Nollet pour le remplacer, porte-parole de la plus grosse force politique selon les derniers sondages: les écologistes d’Ecolo/Groen.

La question climatique

Le débat était organisé en quatre actes pour quatre thématiques bien précises: l’environnement, l’économie, la migration et le communautaire. Les deux hommes se sont rendus coup pour coup, chacun avec ses propres chiffres, son propre logiciel, sans qu’on puisse réellement les départager.

Au niveau de l’environnement, pas de surprise, face à l’urgence climatique, Ecolo/Groen veut une réponse rapide et conséquente. Bart De Wever lui oppose son écoréalisme. Impensable pour le président de la N-VA de se passer de l’énergie nucléaire: « Nous ne sommes pas encore à 10% d’énergie renouvelable, malgré 40 milliards investis. Que quelqu’un lève la main dans la salle s’il y croit. »

« Vous subsidiez un système dépassé », lui rétorque Jean-Marc Nollet, faisant le parallèle avec le déclin de la sidérurgie wallonne. « Pourquoi reprochez-vous aux Wallons ce que vous êtes en train d’appliquer maintenant? ».

De Wever hausse le ton. La transition écologique ne peut pas se faire au détriment des entreprises et de la croissance économique. Il croit toujours au progrès technologique pour nous sortir de ce mauvais pas. Pour lui, « on sous-estime l’intelligence humaine ».

541 jours

Du coup, face à cette Belgique à deux têtes, comment gouverner ensemble? Comment faire pour ne pas battre notre record de 541 jours sans gouvernement avec les élections qui approchent ? De Wever ne veut pas « passer à nouveau un an dans un château pour arriver à la conclusion que l’un vient de Mars et l’autre de Vénus. » Pour lui la solution est claire et précise: le confédéralisme. Il offre encore un avenir à la Belgique, mais les décisions importantes doivent se prendre au niveau des Régions.

Ecolo, de par son alliance avec Groen, propose un schéma inverse. Une Belgique unie, qui peut prendre des décisions fortes au niveau fédéral. Avec pourquoi pas l’instauration d’une circonscription fédérale. « D’accord », lui répond alors Bart De Wever. « Mais alors un homme est égal à une voix, terminées les doubles majorités ».

Ecolo et N-VA ne sont pas près de former un gouvernement ensemble. La tension aura été palpable jusque dans les dernières minutes, Jean-Marc Nollet suggérant à son adversaire du soir « d’être plus positif et d’aller courir un peu ». Challenge accepté, De Wever l’invite au prochain marathon d’Anvers. S’il fallait trouver un seul point commun entre les deux hommes.

« Qui va payer? »

Place ensuite à l’économie. Les deux hommes s’accordent sur le fait que le taux d’emploi n’est pas assez important en Belgique. Bart De Wever a toutefois défendu la politique du gouvernement fédéral et ses dizaines de milliers d’emplois créés. Mais il faut aller encore plus loin: limiter les charges salariales, limiter encore un peu plus le chômage dans le temps, reculer l’âge de la pension en fonction de l’espérance de vie.

Un bain de sang social, selon Jean-Marc Nollet. Le co-président d’Ecolo veut, lui, renforcer les bas salaires. On sait par exemple qu’Ecolo propose une allocation universelle pour tous les 18-26 ans.

« Mais qui va payer? », s’énerve De Wever. Applaudissements nourris dans la salle. « Quand je passe le programme d’Ecolo au traitement de texte, le mot ‘impôt’ apparaît 50 fois (…). Le tsunami de nouvelles taxes proposées par Ecolo, c’est encore pire que le PS. La redistribution est agréable si vous vous placez du côté de celui qui la reçoit. C’est un peu moins agréable pour ceux qui doivent payer. »

Quand Jean-Marc Nollet veut aller chercher l’argent sur le grand capital ou en taxant ceux qui polluent, De Wever répond par une réduction des taxes sur le travail et une réduction des dépenses. Si les deux hommes s’accordent sur certains constats, ils s’opposent totalement dans les solutions.

La question migratoire

Le débat allait encore gagner en intensité avec le thème suivant. Pas de pause, le public, nombreux, bien que peu diversifié, est à l’écoute. Place à la question migratoire. Là encore les projets de société sont totalement contradictoires.

Nollet fait jouer la carte de l’émotion, expliquant notamment que ses parents avaient accueilli des Laotiens à l’époque des boat-people. Il en a profité pour afficher son dégoût du communisme. On comprend vite qu’Ecolo ne voit pas dans le PTB un partenaire potentiel. Reste que pour le co-président d’Ecolo, il ne faut pas oublier l’histoire. « Les réfugiés d’autrefois, c’était nous », il estime que l’Europe doit faire sa juste part.

« Je vais sortir mon mouchoir », répond Bart De Wever en fustigeant la naïveté de Jean-Marc Nollet. « L’Europe a fait une énorme erreur en accueillant des millions de migrants ». Le président de la N-VA n’y voit que des problèmes sociaux, des différences culturelles, en plus d’un poids économique conséquent. En n’écoutant pas les peuples, il estime qu’on a fait grimper les populismes, « un mélange explosif ».

Une Belgique et une Europe ouvertes contre une Belgique et une Europe fermées. Notre devoir moral contre une cohésion sociale et économique. Là encore, on ne parviendra pas à les mettre d’accord.

541 jours

Du coup, face à cette Belgique à deux têtes, comment gouverner ensemble? Comment faire pour ne pas battre notre record de 541 jours sans gouvernement avec les élections qui approchent ? De Wever ne veut pas « passer à nouveau un an dans un château pour arriver à la conclusion que l’un vient de Mars et l’autre de Vénus. » Pour lui la solution est claire et précise: le confédéralisme. Il offre encore un avenir à la Belgique, mais les décisions importantes doivent se prendre au niveau des Régions.

Ecolo, de par son alliance avec Groen, propose un schéma inverse. Une Belgique unie, qui peut prendre des décisions fortes au niveau fédéral. Avec pourquoi pas l’instauration d’une circonscription fédérale. « D’accord », lui répond alors Bart De Wever. « Mais alors un homme est égal à une voix, terminées les doubles majorités ».

Ecolo et N-VA ne sont pas près de former un gouvernement ensemble. La tension aura été palpable jusque dans les dernières minutes, Jean-Marc Nollet suggérant à son adversaire du soir « d’être plus positif et d’aller courir un peu ». Challenge accepté, De Wever l’invite au prochain marathon d’Anvers. S’il fallait trouver un seul point commun entre les deux hommes.

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