De plus en plus de migrants débarquent en Belgique et personne en Europe ne trouve la solution

De plus en plus de migrants débarquent en Belgique et personne en Europe ne trouve la solution

Bloqués à Calais, les migrants viennent tenter leur chance en Belgique. Ils débarquent par centaines sur nos côtes, sans parvenir pour autant à atteindre leur but ultime : rejoindre l’Angleterre. Mais c’est désormais au tour de notre pays d’être confronté au plus gros problème actuel de l’Europe, auquel personne ne trouve une solution.

Ce sont des images que tout le monde connaît. Elles font généralement le tour des télévisions du monde. À Calais, des milliers de migrants tentent désespérément de rejoindre l’Angleterre. Entassés dans des camps de fortune, ils se glissent la nuit dans des camions ou traversent même à pied le Tunnel sous la Manche pour parvenir à leurs fins. La répression policière s’est accentuée depuis plusieurs mois et de nombreux conflits éclatent entre des migrants de plus en plus nombreux, dont les conditions de vie sont de pire en pire, et les forces de l’ordre.

En train ou à pied

Face à une impasse à Calais, ils tentent de la contourner. Depuis quelques semaines, c’est depuis la Belgique qu’ils tentent de rejoindre l’Angleterre. Leur trajet est bien rodé : soit ils prennent un train depuis Dunkerque, en France, pour rejoindre la Panne, puis Zeebruges avec un autre train ; soit ils font à pied les 7 kilomètres jusqu’à Furnes. Leur objectif est le même : se faufiler dans un camion et traverser la Manche. Coûte que coûte.

“La police française fait plus d’efforts pour protéger les ports de Calais et Dunkerque, explique Peter Roose, le bourgmestre de Furnes. Les passeurs cherchent d’autres moyens, d’autres solutions qui sont moins risquées pour aller en Angleterre. Le port de Zeebruges ou la frontière avec les Pays-Bas sont d’autres cibles pour chercher un bateau ou un camion pour aller en Angleterre. Ça augmente, en décembre on a eu 336 migrants qui ont essayé de reprendre un camion, on a demandé au gouverneur de la Flandre occidentale un apport supplémentaire de police.”

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Entre 4.000 et 5.000€

Il est difficile d’empêcher tous les migrants de rejoindre la Belgique. Si la police les attrape, les migrants doivent quitter le territoire dans les trois à cinq jours. Mais ils peuvent revenir tenter leur chance, ce qu’ils font souvent : ils font parfois l’aller-retour entre Calais et la Belgique en un jour s’ils ne parviennent pas à grimper dans un camion. Sur les côtes belges, le tarif est le même qu’en France : les passeurs réclament entre 4.000 et 5.000 euros pour un ticket pour l’Angleterre, même s’il est rarement gagnant. Les contrôles se sont accentués et il est très difficile d’aller de l’autre côté de la Manche.

La Belgique se retrouve confrontée au même problème que de nombreux pays européens : gérer un flux toujours plus important de migrants, qui ont tout quitté pour rejoindre l’Europe. Aucune des solutions envisagées ou mises en place ces derniers mois n’a véritablement été efficace : contrôles rétablis aux frontières, augmentation des effectifs de police… Alors on en cherche de nouvelles. L’Autriche vient de plafonner le nombre de migrants à 200.000 par an dans le pays. La situation se crispe alors que la gestion de cette situation se révèle inefficace.

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La fin de Schengen ?

En décembre, près de 2.000 personnes en situation irrégulière arrivait en Europe chaque jour selon Frontex, l’agence européenne de surveillance des frontières. Le Polonais Donald Trusk, président du Conseil européen, s’est voulu alarmiste devant le Parlement européen mercredi : “Le conseil européen du mois de mars sera la dernière possibilité pour voir si notre stratégie fonctionne. Si ce n’est pas le cas, nous ferons face à des conséquences très graves, par exemple l’effondrement de Schengen”, a-t-il prédit.

Six à huit semaines pour réduire le flux de migrants : c’est l’objectif annoncé par le premier ministre néerlandais Mark Rutte, alors que les Pays-Bas occuperont la président de l’Union Européenne pour les six prochains mois. Des mesures fortes pourraient être prises. La pression va être mise sur la Turquie pour respecter ses accords avec l’UE : 3 milliards d’euros ont été versés pour permettre à la Turquie de renforcer les contrôles à ses frontières, mais l’afflux de migrants provenant du pays reste encore beaucoup trop important.

Instauration de quotas par pays

“Il faut aussi améliorer la mise en place des hot-spots et l’enregistrement des réfugiés. La coopération avec la Grèce, mais aussi avec le Liban et la Jordanie, doit être renforcée”, a prévenu Mark Rutte. L’instauration d’un quota de migrants par pays ou la création d’un corps de gardes-frontières pourraient aussi être lancés dans les semaines à venir. Des messages forts envoyés notamment à Angela Merkel, dont la politique d’ouverture au migrants est maintenant critiquée en Allemagne, surtout après les évènements du Nouvel An à Cologne.

Les prochaines semaines vont s’avérer cruciales dans la stratégie européenne vis-à-vis du flux migratoire. La Belgique comme tous les autres pays confronté à cela aura son mot à dire.

Source : la DH, RTL, Politico

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