Clap de fin pour Take Eat Easy: la start-up avait tout d’une grande, comment la success-story s’est-elle subitement arrêtée?

Clap de fin pour Take Eat Easy: la start-up avait tout d’une grande, comment la success-story s’est-elle subitement arrêtée?

Take Eat Easy, c’est fini. Tu ne verras plus les petits coursiers en vélo qui t’apportaient la nourriture de ton resto préféré directement chez toi. La start-up belge avait pourtant toutes les cartes en main pour mener une success-story digne de ce nom. Alors que s’est-il passé? Et surtout comment tout cela s’est-il terminé?

Si tu as essayé de commander sur le site de Take Eat Easy mardi, tu as dû être sacrément surpris. Un petit message t’annonçait que désormais ce n’était plus possible. Mais que c’est-il passé?

Un succès rapide

À première vue tout se passe bien pour la start-up. Lancée en 2013, Take Eat Easy a rapidement connu le succès. En 2015, elle a levé 16 millions d’euros qui lui ont permis de s’étendre dans d’autres capitales européennes.

“En quelques années, nous sommes devenus leaders de la livraison de restaurants en Belgique et en France, nous avons ouvert la voie vers la livraison de plats à vélo en Europe, et vous avons permis de vous faire livrer les meilleurs restaurants à Bruxelles, Paris, Madrid, Londres et beaucoup d’autres villes… 20 villes au total en Europe” explique la co-fondatrice Chloé Roose.

Tout se passait bien: “En une année, nous avons connu une croissance mensuelle de plus de 30%, franchi le cap du million de commandes, accru notre portfolio de restaurants partenaires de 450 à 3 200 et notre base de clients de 30 000 à 350 000”, continue la co-fondatrice.

Mais qu’est-ce qui a foiré?

Chloé Roose explique que leurs revenus ne couvrent pas encore tous leurs coûts.

Adrien Roose, un autre co-fondateur de Take Eat Easy explique plus en détails leur business modèle: sur chaque commande, 25 à 30% vont au restaurateur et 10 euros pour le coursier. Seuls 2,5 euros sont comptés au client pour la livraison. La start-up ne rentrait pas du tout dans ses frais.

Elle a donc voulu lever des fonds, une troisième fois. Mais personne ne l’a suivie. Adrien Roose explique avoir reçu des refus de 114 fonds d’investissements à risque. Take Eat Easy était en négociation avec “groupe logistique français, détenu par l’Etat” comme écrit sur Medium mais le processus n’a pas abouti.

On peut aussi mentionner Deliveroo qui a débarqué il y a un an en Belgique et qui faisait une grosse concurrence à Take Eat Easy.

Certains restaurateurs sont furieux

Les restaurateurs et les livreurs ne seront pas payés pour toutes les commandes effectuées durant le mois de juillet. Et certains ont un peu de mal à comprendre comment l’entreprise a pu en arriver là, sans les prévenir. Pour eux, les mots de la co-fondatrice, Chloé Roose, sont difficiles à entendre.

“La majeure partie de l’article explique à quel point ils ont été géniaux et successful chez Take Eat Easy pour finir dans la dernière phrase par nous remercier ainsi que les livreurs d’avoir été là. Quelle indécence !” s’indigne le restaurant Booba Mara sur Facebook. Il ajoute encore: “Pourquoi avoir continué à encaisser jusqu’à la dernière minute sur le dos des livreurs – qui sont tous dans des situations précaires – tout en sachant que vous alliez les planter? Pourquoi avoir volé des restaurants qui sacrifient leur marge pour faire face en travaillant avec vous?”.

Le restaurant Booba Mara pointe des marges très faibles pour les restaurateurs qui font appel à ce service plus pour se faire connaître que par réelle plus-value financière.

D’autres se sont déjà tournés vers la concurrence

Pascale Paez, la gérante du restaurant de hamburgers Les Super Filles du Tram, travaillait avec Take Eat Easy. Non pas pour se faire connaître car l’enseigne bruxelloise est bien implantée, mais pour toucher une partie une plus grande partie de la clientèle: ceux qui veulent rester tranquillement chez eux et déguster un bon burger.

“La fin est plutôt abrupte et choquante. Il n’y a pas eu d’annonce”. Elle signale ne jamais avoir eu de problèmes avec la start-up mais ne pas avoir été payé pour le mois de juillet. “Je ne me fais pas d’illusion, je pense que maintenant le paiement n’est plus de leur ressort”. Mais ce n’est pas de la colère qu’elle ressent, plutôt un sentiment de désolation: “c’est dommage que personne ne soutienne des chouettes start-up comme ça” se désole-t-elle.

Loin d’être dégoûtée du système, elle vient déjà de signer avec Deliveroo, le principal concurrent de Take Eat Easy.

Source: l’Echo

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