Ce qui ne devait être qu’un ajustement technique du gouvernement après les législatives se transforme petit à petit en véritable changement politique. Après Sylvie Goulard (MoDem), c’est au tour de François Bayrou et de Marielle de Sarnez, tous les deux du MoDem aussi, de jeter l’éponge devant la pression. La question est maintenant de savoir si le parti centriste va participer au gouvernement.
Le Premier ministre Édouard Philippe doit effectuer ce mercredi le remaniement de son gouvernement en France. Et ce sera sans François Bayrou, désormais ex-ministre de la Justice. Le garde des Sceaux a démissionné et cela ne constitue qu’une demi-surprise.
La pression s’accentuait pour celui qui devait mettre en œuvre le projet de loi sur la moralisation de la vie politique. Pourquoi? Pour plusieurs raisons. D’abord Emmanuel Macron a mis François Bayrou au pied du mur en acceptant la démission de Sylvie Goulard (MoDem). La désormais ex-ministre de la Défense et son parti sont empêtrés dans une affaire d’assistants parlementaires. Le MoDem est accusé d’avoir utilisé des assistants parlementaires de députés européens – et payés par Bruxelles – pour ses propres activités en France. Souhaitant se consacrer à sa défense, Sylvie Goulard a donc jeté l’éponge.
Éviter un feuilleton
Ensuite, la relation entre le MoDem et En Marche est loin d’être au beau fixe. Il y a d’abord eu la crise des investitures, qui lésait le parti de François Bayrou selon lui. Le chef des centristes a aussi été recadré par Édouard Philippe en personne par rapport à ses interventions dans la presse. Et puis enfin cette enquête préliminaire qui touche son parti. Hier, un Marcheur insistait sur le fait que « rien ne serait pire qu’un feuilleton » dans Le Parisien. Un autre ministre lui sommait de « prendre ses responsabilités ». Voilà qui est fait? Bayrou est parti.
En fait, depuis dimanche soir, la République En Marche n’a plus tellement besoin du MoDem à l’Assemblée, tant sa majorité est écrasante. Ceci explique cela. Donc pourquoi s’encombrer d’un parti qui a désormais une grosse affaire aux fesses et qui risquerait de tenir l’image du nouveau gouvernement?
Le Modem mis hors-jeu?
La démission de François Bayrou vient s’ajouter à celle de Marielle de Sarnez, désormais ex-ministre des Affaires étrangères et également membre du MoDem. Elle a décidé de prendre la tête du groupe à l’Assemblée nationale. Elle est aussi au centre de l’enquête préliminaire sur les assistants parlementaires du Modem: étrange coïncidence.
Du coup, maintenant le gouvernement d’Édouard Philippe et d’Emmanuel Macron se retrouve sans candidat du MoDem. Et il se dit que cela pourrait être définitivement le cas. Il faut croire que les politiques français étaient jaloux du bazar qui règne actuellement en Belgique…
