Ça risque de chauffer à la Chambre, mais aucune chute n’est à prévoir: le gouvernement Michel II à la recherche d’alliés

Ça risque de chauffer à la Chambre, mais aucune chute n’est à prévoir: le gouvernement Michel II à la recherche d’alliés

Le gouvernement Michel II va subir un gros test ce mercredi, mais il ne doit pas craindre pour sa survie. Charles Michel est invité à débattre de la future politique de son équipe devant des députés qui l’attendent au tournant. L’équation reste toutefois simple: le destin de Michel II dépend de la N-VA ou des socialistes.

“C’est un gouvernement ou des élections anticipées”, voilà la menace qu’a brandie Charles Michel (MR) aux autres partis mardi lors de consultations.

La question est de savoir si cette menace a fait une forte impression. Parce que le sentiment général de l’opposition, la N-VA comprise, est que le gouvernement Michel II a bafoué certaines règles démocratiques. D’un autre côté, aucun parti n’est vraiment chaud à l’idée d’élections anticipées, mise à part l’extrême droite.

Le gouvernement Michel II, minoritaire au Parlement, compte donc avancer, en cherchant une majorité au cas par cas.

Disons-le tout de suite, ce n’est pas gagné d’avance. L’opposition, à gauche, ne veut pas être la cinquième roue d’un carrosse boiteux. Du côté de la N-VA, on ne compte pas non plus faciliter la tâche de l’équipe de Michel II. Les nationalistes restent passablement énervés contre l’Open VLD et le CD&V , qui “ont joué la provocation”, peste Theo Francken dans La Libre de ce mercredi.

La N-VA va-t-elle jouer le jeu?

Ce mardi, un débat parlementaire qui s’annonce houleux va se tenir à la Chambre. Charles Michel est invité à expliquer les grandes lignes de sa politique pour les six prochains mois. De sa ligne politique dépendront ses éventuels soutiens.

Toutefois, le gouvernement Michel II ne joue pas sa survie cet après-midi. Les consultations avec les autres présidents de parti devraient se poursuivre toute la semaine, avant une séance très importante mardi prochain. En effet, après les interpellations, la question de la confiance ou de la méfiance vis-à-vis du gouvernement devrait suivre. Ce sera aussi l’occasion de voter ou pas le budget 2019. Tous les regards se tournent déjà vers la N-VA.

Car avec 31 sièges au Parlement, les nationalistes détiennent l’assurance vie du gouvernement Michel II. En effet, qu’il s’agisse d’un vote de confiance ou du dépôt d’une motion de méfiance, l’abstention de la N-VA pèsera lourd dans la balance. Car les votes de ceux qui s’abstiennent ne sont pas pris en compte. Or la majorité dispose déjà de 52 sièges sur 150, le reste de l’opposition ne pèserait donc pas assez (67 votes au lieu des 76 nécessaires pour le vote de confiance).

Notons toutefois que dans le cas contraire, quel que soit le scénario, une chute du gouvernement ne signifie pas forcément des élections anticipées. Mais si le gouvernement Michel veut avancer, il doit obtenir le soutien de la N-VA.

epa

Le PS se tient prêt

Il existe une alternative. Il s’agit de la famille socialiste. Le PS et le sp.a ont suffisamment de sièges que pour soutenir le gouvernement Michel II sur différents dossiers. On notera que le Verts ont déjà présenté une série de mesures qui conditionnerait leur soutien. Mais avec 12 sièges seulement, même ensemble, ils ne pèsent pas assez lourd dans la balance.

Le PS a également fait part de ses desiderata. Suite à une première réunion entre Ahmed Laaouej (PS) et Charles Michel (MR), pas vraiment copains, on peut déjà dire que ce mariage de raison est loin d’être acté. Le chef de groupe des socialistes a fait part de “sa déception” suite aux premières consultations. UN gouvernement Michel II qui resterait trop collé à la N-VA ne recevra aucun soutien de la part des socialistes, a-t-il prévenu. Le PS veut en finir avec “les mesures antisociales” du gouvernement précédent. Il veut aussi revoir la TVA sur l’électricité et remettre en cause la réforme des pensions du ministre Bacquelaine (MR).

Reste que malgré les tensions, personne n’a vraiment d’intérêt à faire tomber le gouvernement. Un gouvernement qui chute, c’est quasi la garantie de connaître une instabilité politique dans notre pays. Personne ne peut en connaître la fin. Le pacte de l’ONU pour les Migrations doit également être voté la semaine prochaine à New York. Une chute du gouvernement rendrait impossible cette signature, alors que la plupart des partis ont apporté un soutien au pacte.

Le gouvernement Michel II a toutefois tout intérêt à présenter sa nouvelle politique devant le Parlement. Dire qu’il ne s’agit “pas d’un nouveau gouvernement”, comme la clamé Kris Peeters (CD&V), n’est plus audible pour l’opposition.

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