Boycotter la “côte flamande”, un mouvement relancé par Sander Loones (N-VA)

Boycotter la “côte flamande”, un mouvement relancé par Sander Loones (N-VA)

Un boycott de la côté belge par les francophones? L’idée est relancée à cause d’un tweet de Sander Loones. Ce membre de la N-VA a mis en avant le fait que les partis nationalistes cartonnent au littoral. Un débat qui ne date pas d’hier. 

Alors que la chaleur s’invite à nouveau au plat-pays et que beaucoup fuient la capitale à la recherche d’une large étendue d’eau fraîche, Sander Loones (N-VA) annonce clairement la couleur – jaune – quant à l’accueil des francophones sur la côte belge… Ou plutôt, la côte flamande.

C’est ainsi qu’il a décidé de la nommer, dans un tweet pointant le score écrasant de la N-VA et du Vlaams Belang du côté des plages belges. En effet, que ce soit à Knokke, Ostende, De Panne ou Koksijde, le nationalisme remporte un score écrasant. De quoi hésiter à partir se dorer la pilule au Zoute quand on est francophone.

Il ne manquait plus que le tweet d’un ex-ministre de la Défense éphémère (avec 27 jours au gouvernement), Sander Loones (N-VA), pour jeter un bon baril d’huile sur le feu et créer un appel au boycott de la côte, au profit de celle d’Opale ou de la Zélande hollandaise.

Boycotter la côte flamande, une idée qui n’est pas née hier

Ce n’est pas la première fois qu’un boycott pareil est encouragé. Alors que plus de 20 000 Wallons et Bruxellois possèdent une propriété au littoral belge, il suffit de fouiller un peu Internet pour trouver des similitudes avec les menaces actuelles de la part de certains francophones. Au fil des groupes Facebook, on tombe sur l’un d’entre eux: Boycott de la “Vlaamse Kust” créé il y a 11 ans, soit en 2008, alors que la coalition CD&V/N-VA gagnait huit places au parlement fédéral.

Avec hargne, bien des Wallons et Bruxellois faisaient sentir leur colère sur le groupe face aux indépendantistes: “Et bien flamand, si vous êtes malin prenez la votre indépendance,et garder votre côte ou la mer est dégueulasse (sic).”, “recht van mensen tegen recht van de grond..Nous ne parlons pas la même langue (dans tous les sens du terme…)”.

Et si on organisait une petite fête au Zoute?

Avec les 110 membres de ce groupe, on ne peut s’empêcher de faire un rapprochement avec la situation actuelle et se rendre compte que le nationalisme flamand et la Belgique, c’est une boucle qui se répète depuis des dizaines d’années.

“Déjà à la fin des années ‘90, le gouvernement régional flamand du CVP Luc Van den Brande voulait débaptiser la côte belge pour l’appeler côte flamande, provoquant un tollé”, rappelle ainsi Benoit Jacquemart dans un article pour La Capitale. La côte belge cristallise donc les tensions indépendantistes depuis un bon bout de temps. Qui aurait cru qu’un jour, Knokke (où les francophones sont toujours les bienvenus d’ailleurs), QG de l’aristocratie en bermuda rose saumon, deviendrait le lieu de la déchirure belge? Ce qui est sûr, c’est que cet extrait de Dikkenek prend une portée politique tout à fait différente.

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