1.600 clients filmés à leur insu dans des hôtels coréens, un nouveau scandale qui relance le fléau du voyeurisme

1.600 clients filmés à leur insu dans des hôtels coréens, un nouveau scandale qui relance le fléau du voyeurisme

En Corée du Sud, il existe un véritable fléau très difficile à endiguer: le voyeurisme et plus particulièrement le voyeurisme par caméra espion. Dans cette contrée, cette pratique a un nom: “molka”. Aujourd’hui encore, on découvre que 1.600 clients d’hôtels coréens ont été filmées à leur insu et les vidéos ont été partagées sur les réseaux sociaux. Que faire pour lutter contre ça? 

Nouveau scandale en Corée du Sud et ce n’est pas quelque chose d’exceptionnel. C’est même plutôt courant. En effet, la police sud-coréenne a procédé à l’arrestation de deux hommes qui illustrent à eux seuls les déboires de la société de Corée du Sud. Les deux hommes sont en effet accusés d’avoir placé des caméras espions dans les chambres de 30 hôtels sud-coréens situés dans 10 villes différentes. Au total, ils ont pu espionner 1.600 clients, y compris leurs relations sexuelles. Et comme si cela ne suffisait pas, les vidéos finissent presque systématiquement sur internet.

Cela parait complètement fou mais en Corée du Sud, c’est presque devenu banal. Car là-bas, le voyeurisme est devenu monnaie courante à tel point que l’on peut véritablement parler de fléau de société. On a même donné à cette pratique pornographique filmée via de mini-caméras espion: le molka. Plusieurs manifestations ont eu lieu, surtout à l’initiative de femmes, mais visiblement rien ne change vraiment.

Caméras espion

Les deux suspects se sont donnés du mal pour parvenir à leur fin: ils ont placé des dizaines de caméras munies d’objectif d’1 millimètre dans plusieurs dispositifs des chambres d’hôtel: prises murales, support de sèche-cheveux et autres appareils numériques. En tout, ils ont publié plus de 800 vidéos et livestream sur leur site, hébergé sur un serveur étranger.

Cette combine a rapporté gros: environ 5.500 euros gagnés grâce à leur site (qui est depuis lors fermé) où tout de même 97 personnes avaient payé pour un abonnement mensuel. Du côté des hôtels, il est impossible de prouver qu’ils étaient au courant de ce qui se passait dans leurs chambres.

Problème de société

Comme on l’a dit, c’est loin d’être un fait isolé. Le molka est un véritable problème de société et il est présent partout. Enfin, il est possible de trouver des mini caméras dans tous les lieux publics intimiste: toilettes, cabines d’essayage. Mais parfois, des femmes retrouvent des caméras chez elle carrément. Difficile de faire plus glauque. Du coup, si un jour tu te rends à Séoul par exemple, tu pourras peut-être voir des petits trous dans les toilettes publics. Si c’est le cas, fais demi tour.

Cette pratique est tellement courante que l’été dernier, plus de 30.000 femmes sont descendues dans les rues pour demander aux autorités de lutter contre cet horrible phénomène avec un slogan marquant: “My life is not your porn”, “ma vie n’est pas ton porno” en bon français. Car évidemment, 84% des victimes de ce genre de pornographie sont des femmes. En réponse, le gouvernement avait promis d’intensifier les contrôles des toilettes publiques pour éventuellement débusquer des caméras. Une mesure jugée largement inefficace, la preuve étant ce nouveau scandale concernant les hôtels. Le problème, c’est que les responsables sont rarement inquiétés: une petite amende tout au plus. Mais ici, les deux suspects risquent plus gros vu qu’ils ont tout mis sur internet: environ 5 ans de prison et une grosse amende.

Pour te rendre compte de l’ampleur du phénomène, voici quelques chiffres publiés par la police coréenne: elle a compté 6.470 cas de voyeurisme (par caméra) en 2017 alors que l’on en comptait que 1.353 en 2012. Et ce phénomène concerne absolument tout le monde. Récemment, une star de télé-réalité locale, Jung Joon-young a avoué avoir filmé un de ses rapports sexuels avec une femme avant de mettre la vidéo sur le net sans son consentement. Il y a tout de même de quoi se réjouir: le fondateur d’un des plus gros sites pornographiques du pays a été emprisonné pour une durée de 4 ans pour avoir laissé ce genre de vidéos voyeuristes sur sa plateforme.

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