Trump veut bannir Huawei des États-Unis pour “protéger la sécurité nationale”

Trump veut bannir Huawei des États-Unis pour “protéger la sécurité nationale”

Le président américain Donald Trump a franchi une nouvelle étape dans sa guerre des télécommunications avec le fabricant de téléphones chinois Huawei. Un nouveau décret vise à virtuellement interdire tous les téléphones d’origine étrangère car ils constituent une menace pour la sécurité nationale. 

Huawei n’y est pas mentionné mais lors de la signature du décret, c’était clair pour tout le monde. Les composants américains ne peuvent plus être installés dans les appareils de certaines sociétés, comme Huawei, sous prétexte de protéger la sécurité nationale. Donald Trump mène depuis quelques temps un conflit avec Huawei: il soupçonne le constructeur chinois d’installer des logiciels d’espionnage dans ses appareils.

Protection des USA

L’annonce officielle de la Maison Blanche est la suivante: Ce gouvernement fera tout ce qui est en son pouvoir pour assurer la sécurité et la prospérité de l’Amérique contre “les adversaires étrangers qui exploitent de façon croissante des vulnérabilités dans les services et les infrastructures technologiques de l’information et de la communication aux Etats-Unis.” Elle ajoute que ce texte doit protéger des “actes malveillants favorisés par Internet, dont l’espionnage économique et industriel au détriment des Etats-Unis et de sa population.”

Le ministre du Commerce, Wilbur Ross, a déclaré que le décret, qui est sur la table depuis près d’un an, “vise à protéger la chaîne d’approvisionnement contre les opposants étrangers aux technologies de l’information et de la communication”.

epa

Espionnage d’Huawei?

La contrée de l’Oncle Sam n’est pas le seul pays à accuser Huawei d’espionnage: une étude a également été menée en Belgique sur les équipements pékinois. Mais surprise: aucune preuve n’avait été trouvée qui permettrait d’accuser Huawei d’espionnage. Une autre enquête est également en cours, aux Pays-Bas cette fois.

En attendant, Trump reste le seul chef d’Etat à avoir vraiment agi contre le constructeur chinois. En utilisant une loi d’urgence économique, les appareils Huawei ne sont pas (encore) retirés des rayons. Mais Huawei et 70 sociétés affiliées figurent sur une liste noire. Concrètement, les sociétés figurant sur cette liste noire ne peuvent utiliser des composants et des technologies d’entreprises américaines sans la permission des États-Unis.


“Scandaleux et injuste”

Le gouvernement chinois ainsi qu’Huawei ont déjà répondu. Geno Shuang, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois estime que les mesures prises par les États-Unis envers les entreprises chinions sont tout simplement “scandaleuses et injustes”

“Nous encourageons les États-Unis à cesser de réprimer les sociétés chinoises sous prétexte de mesures de sécurité. Ils devraient trouver une méthode d’investissement équitable, éthique et non discriminatoire” a ainsi déclaré Geno Shuang.

Huawei, pour sa part, nie toute allégation d’espionnage. “Nous ne participerons jamais à l’espionnage et nous ne permettons pas à notre personnel d’y avoir recours”, avait déclaré Ren Zhenfei, PDG de Huawei pour CBS en février.

Guerre commerciale

Le mouvement anti-Huawei semble donc être une prochaine étape dans la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine . Plus tôt ce mois-ci, Trump a fortement augmenté les taux commerciaux sur les produits chinois. Concrètement, les USA ont relevé leurs tarifs douaniers de 10 à 25% sur plus de 200 milliards de dollars de produits chinois. La réponse de la Chine ne s’est pas fait attendre: elle va imposer des droits de douanes sur 60 milliards de dollars de produits américains. Cette mesure deviendra effective le 1er juin. D’ailleurs, Trump et le président chinois Xi Jinping se rencontreront normalement le mois prochain.

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