Sur Twitter, certains se mobilisent pour prouver que le “racisme anti-blanc” n’a pas beaucoup de sens

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Mais pourquoi parle-t-on encore de racisme anti-blanc? En quelques tweets, en quelques interviews, des personnalités se mobilisent contre ce concept qui fait peu de sens et représente un énorme détournement de débat autour des propos de Lilian Thuram.

Depuis quelques jours, Lilian Thuram a relancé un débat qui agite les milieux anti-racistes depuis un bon bout de temps. Mais pas dans le bon sens. Souvent, alors que le temps est venu de lutter effectivement contre le racisme envers les personnes non-blanches, certains ont envie de ramener la couverture pour tourner le débat vers un supposé “racisme anti-blanc”.

Il ne s’agit pas de quelques énervés. La LICRA ( Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) et l’OLRA (Organisation de Lutte contre le Racisme Anti-blanc) s’en sont mêlés en accusant Lilian Thuram.

Sauf que la notion de racisme anti-blanc… C’est compliqué. Et rarement fondé, dans nos sociétés occidentales. Pour en parler, on laisse la parole aux personnalités qui ont réagi vis-à-vis de cette polémique, en déconstruisant l’idée selon laquelle les blancs subiraient le racisme au même titre que les personnes non-blanches.

Aaram Anis, tout en pédagogie

Dans une vidéo postée sur Twitter, Aaram Anis, journaliste pour Golden Pop, humoriste, créateur de vidéos, musicien et rappeur a voulu mettre en évidence la différence entre insulte isolée et racisme systémique, qui encourt des conséquences qui se répercutent sur la vie entière des personnes non blanches.

Une vidéo qui présente simplement, avec pédagogie et humour, cette différence majeure quand on parle de racisme.

Pierre Rondeau, répondre aux faits par les faits

Pierre Rondeau, co-directeur de l’observatoire Sport et Société à la Fondation Jean Jaurès et spécialiste de l’économie du sport et de l’économie du football a lui aussi réagi à la polémique, en se basant davantage sur les faits majeurs qui l’agitent. Notamment les propos qu’un “célèbre chroniqueur d’une chaîne cryptée” a tenus en “affirmant que si son fils avait échoué dans le foot c’est parce que ses coéquipiers noirs ne lui faisaient pas la passe, lui le seul blanc. Conclusion, racisme anti-blanc. “

Il poursuit en rappelant l’existence d’une étude de l’Institut d’Etudes Démographiques qui “conclut que le soi-disant racisme anti-blanc ne produit pas d’inégalités sociales et ne se matérialise pas par une privation de droits ou d’accès à une ressource. ” Ce qu’Aaram Anis mettait lui aussi en avant dans sa vidéo.

Plus précisément, l’étude, comme le rapporte AFP Factuel, précise que “Pour ce qui est des actes d’hostilité, on sait c’est que les blancs sont beaucoup moins exposés que les personnes noires, arabes ou asiatiques. Les blancs ne sont pas l’objet d’une forme d’oppression, d’agressivité aussi fréquente que le sont les personnes de couleurs”.

La conclusion de Pierre Rondeau se suffit à elle même et pointe l’étrange phénomène où en tant que personne blanche, on tente soi-même de se victimiser de discriminations dont nous ne sommes nous mêmes pas victimes.

Un détournement de débat?

Au final, Lilian Thuram, par des propos que certains vont accuser de racistes, soulève une thématique bien plus complexe et qui dépasse largement le monde du football. Oui, le racisme existe encore dans nos sociétés. Non, le racisme, tel qu’il est défini comme un phénomène systémique que subissent les personnes non-blanches ne se rapporte pas aux personnes blanches.

Ce que subit Lilian Thuram, c’est un détournement de débat, qui passe de se poser la question du racisme dans nos sociétés à ramener la couverture vers une question éculée et qu’on pensait oubliée dans le cadre de ces propos, comme l’ont formulé Joëlle Dago-Serry sur le plateau “Les Grandes Gueules” et Rhokaya Diallo sur LCI: “Le sujet, ce n’est pas Lilian Thuram, c’est le racisme.”

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