Le ton monte: Macron accuse Bolsonaro de menteur et s’oppose au Mercosur

EPA

On compare souvent Donald Trump et Jair Bolsonaro. On vient de leur trouver un nouveau point commun: ils règlent leurs comptes sur Twitter. Ce mercredi, le président brésilien s’est pris le chou avec Emmanuel Macron à propos de l’Amazonie. Y a pas quelque chose de plus urgent les gars?

En plein sommet du G7, l’Amazone brûle. C’était donc l’occasion pour Emmanuel Macron de dire quelques mots à propos de cette véritable tragédie environnementale. Dire quelques mots mais aussi agir avec les autres membres du G7.

C’est sur Twitter que le président français a lancé cette appel: “Notre maison brûle. Littéralement. L’Amazonie, le poumon de notre planète qui produit 20% de notre oxygène, est en feu. C’est une crise internationale. Membres du G7, rendez-vous dans deux jours pour parler de cette urgence.” Mais ce tweet lui a ramené pas mal d’ennuis puisque Jair Bolsonaro, président du Brésil n’a absolument pas apprécié.

“Sensationnaliste, colonialiste”

Dans une salve de tweets, Bolsonaro s’est déchaîné et a utilisé des mots durs envers le président Macron. Il l’accuse en effet d'”instrumentaliser une question intérieure au Brésil et aux autres pays amazoniens pour des gains politiques personnels”. Le tout avec “un ton sensationnaliste qui ne contribue en rien à régler le problème”.

C’est bien ça le problème: Bolsonaro ne fait rien pour résoudre ce qui se passe dans la plus grande forêt tropicale du monde. Visiblement, régler ses comptes sur Twitter est plus important. “Le gouvernement brésilien reste ouvert au dialogue, sur la base de faits objectifs et du respect mutuel” assure Bolsonaro. “La suggestion du président français selon laquelle les affaires amazoniennes soient discutées au (sommet du) G7 sans la participation de la région évoque une mentalité colonialiste dépassée au 21e siècle” conclut-il dans un second tweet. C’est marrant parce que le climatoscepticisme nous semble également dépassé au 21ème siècle.

Enfin bref, il est dommage que deux chefs d’état se chamaillent de la sorte alors que la situation est critique. Le secrétaire général de l’ONU a d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme. “En pleine crise climatique mondiale, nous ne pouvons accepter davantage de dégâts sur une source majeure d’oxygène et de biodiversité” a ainsi déclaré Antonio Guterres.

Des incendies à perte de vue

Difficile d’évaluer les dégâts de ce qui se passe en Amazonie. Mais l’Institut national de recherche spatiale (INPE) parle de 2.500 départs de feu dans les dernières 48 heures. Evidemment, ces feux sont intimement liés à la déforestation. L’INPE peut être plus précise et annonce que depuis janvier dernier, 75.336 feux de forêt ont été enregistrés dans le pays de janvier jusqu’au 21 août – soit 84% de plus que sur la même période de l’an dernier – et plus de 52% concernent l’Amazonie.

Du coup, cela crée tellement de fumée que les médias brésiliens rapportent que l’on commence à avoir du mal à respirer dans certaines villes brésiliennes. Et en plus de se ridiculiser sur Twitter, Bolsonaro pointe la responsabilités des ONG quant à la diffusion de fausses informations sur ce qui se passe en Amazonie. Sauf que l’utilisation d’une photo ancienne ne change rien au fait que c’est actuellement l’horreur dans la forêt.

En réponse, 118 ONG ont écrit une tribunes où elles s’en prennent au président brésilien: “Bolsonaro n’a pas besoin des ONG pour cramer l’image du Brésil dans le monde entier.” Selon elles, le président “manipule l’opinion publique contre le travail réalisé par la société civile, avec des allégations irresponsables et inconséquentes”. Bref, on passe plus de temps à chercher des coupables, pointer les responsabilités de chacun plutôt que d’essayer d’éteindre ces foutus incendies.

Le ton monte

En début d’après-midi, la présidence française a fait une annonce choc. Emmanuel Macron estime en effet que Jair Bolsonaro lui aurait menti vis à vis de ses engagements au niveau de l’environnement. En représailles, la France s’opposait au traité de libre échange UE-Mercosur. Il s’agit d’un traité commercial liant l’Union Européenne et le Marché commun du Sud appelé Mercosur. Un texte visant, entre autres, a diminuer les droits de douanes pour faciliter le commerce entre les deux continents.

Compte tenu de l’attitude du Brésil ces dernières semaines, le président de la République ne peut que constater que le président Bolsonaro lui a menti lors du Sommet du G20 d’Osaka. le président Bolsonaro a décidé de ne pas respecter ses engagements climatiques ni de s’engager en matière de biodiversité. Dans ces conditions, la France s’oppose à l’accord Mercosur en l’état.

Communication officielle de l’Elysée.

Un peu plus tôt, le président irlandais Leo Varadkar avait adopté la même posture en refusant de signer et participer à ce traité de libre échange.

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