Le Premier ministre « travaille dur » pour survivre à cette semaine: premier objectif, le budget de jeudi

Le Premier ministre « travaille dur » pour survivre à cette semaine: premier objectif, le budget de jeudi

Côté N-VA, les choses sont claires: il faut des élections anticipées. Mais le Premier ministre espère encore obtenir leur soutien pour faire passer le budget. Or, les exigences de la N-VA ont toujours été de mettre en œuvre intégralement l’accord d’été et autoriser une réforme de l’État grâce à la modification de la Constitution à la Chambre. Michel II pourra-t-il y survivre?

Le Premier ministre Charles Michel (MR) continue de se battre pour sa survie. Et ce, « malgré les dix poignards qui lui ont été plantés dans le dos », comme il se dit dans les milieux gouvernementaux. L’objectif principal est de réussir à obtenir un accord sur le budget jeudi. Si cela se fait, Michel II pourrait être viable. Mais pour cela, le Premier ministre et ses collègues doivent pouvoir se réunir jeudi. Or, si mardi, une motion de méfiance tombe, cette réunion pourrait bien ne plus avoir lieu.

L’élément clé pour la survie du gouvernement Michel II est à nouveau dans les mains de la N-VA. Ce sont les seuls à pouvoir apporter leur soutien au budget, jeudi. L’opposition de gauche ne pense pas le faire. La N-VA a également le pouvoir de rendre nul un vote de censure, si elle le souhaite. Elle doit simplement s’abstenir et une telle motion ne passera pas. Pour que cette dernière passe, elle doit réunir la majorité des députés.

À quel prix?

Bart De Wever (N-VA) et ses collègues ont clairement indiqué le week-end dernier que des élections anticipées étaient pour eux l’option la plus logique. Dans une série d’interviews sorties en fin de semaine, ils ont clairement expliqué quelle image ils souhaitaient associer à un soutien éventuel: « Le Premier ministre et son gouvernement seront plus que jamais les pantins de la N-VA ».

Et pourtant, Michel tente encore de recoller les morceaux. Le week-end passé, il a rencontré Jan Jambon (N-VA), son ancien vice-premier ministre, et le chef de parti de la N-VA, Peter De Roover. Il a essayé d’évaluer jusqu’à quel point il pouvait compter sur leur soutien. « Nous avons rencontré le Premier ministre samedi après-midi. Je sais que c’est un homme qui se bat pour son gouvernement. Il a l’esprit ouvert pour écouter et voir où des solutions peuvent être trouvées. C’était une conversation constructive, » a déclaré Jan Jambon sur Radio 1.

Jambon n’est toutefois pas rentré dans les détails du plan de la N-VA. Mais en réalité, c’est simple: ils veulent que tout ce qui a été convenu dans l’accord d’été soit pleinement mis en œuvre. Ce qui met principalement la pression sur Kris Peeters (CD&V), vice-Premier ministre et ministre du Travail. Il doit boucler le dossier sur la dégressivité des allocations de chômage, mais il hésite.

Le premier pas vers le confédéralisme

Le budget est un point de pression mais ce qui importe vraiment au final, c’est l’accord d’été et la modification de la Constitution. Si un prochain gouvernement, disposant d’une majorité des deux tiers, veut pouvoir procéder à une réforme de l’État, il faudra alors désigner dans cette législature un certain nombre d’articles de la Constitution à modifier. Et pour cela, il faut bénéficier d’une majorité à la Chambre. Ce qui constituerait immédiatement un premier pas symbolique vers le confédéralisme. « Le budget est un élément, mais il y a plus sur le tableau », indique Jambon qui reste vague sur ce point. « Hier, nous avons eu une conversation téléphonique entre nous pour clarifier certaines choses. Mais je ne vais pas mener les négociations dans les médias pour le moment. « 

Cette semaine, le Premier ministre Michel a encore un avantage: le fameux pacte des Nations unies sur la migration n’a pas encore été définitivement approuvé à New York. Cela aura lieu mercredi. Ce serait un coup dur de la part du PS et du sp.a de faire tomber le gouvernement à la Chambre mardi, un jour avant ce vote décisif. Ce sont ces mêmes partis qui ont demandé à Michel d’approuver ce pacte et de faire exploser son gouvernement avec la N-VA.

Alors, voici le programme qui attend Michel: survivre à la journée de mardi pour ensuite, jeudi, aller négocier pour obtenir le soutien de la N-VA à un prix très élevé. Ce sera une voie difficile mais ça peut être une voie de sortie.

epa

Articles sponsorisés