Le Japon autorise un chercheur à créer des embryons humains-animaux mais, pour quoi faire?

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Nouveau jour historique pour la science et plus particulièrement le Japon. Le gouvernement a en effet donné son feu vert à un chercheur pour créer des embryons chimères humains-animaux. Ça a l’air complètement fou, mais de quoi il en retourne et à quoi ça sert?

Il n’est pas question ici de créer un mouton à tête d’homme ou une monstruosité pareille. Non, bien que cela pose quelques questions d’ordre éthique, un chercheur japonais va pouvoir faire avancer la science et les traitements de plusieurs maladies en expérimentant et en créant des embryons d’animaux contenant des cellules humaines.

C’est le chercheur japonais Hiromitsu Nakauchi, qui dirige des équipes à l’Université de Tokyo et à l’Université Stanford en Californie, qui sera chargé de mener ces nouvelles études. Concrètement, que fera-t-il? Il va cultiver des cellules humaines dans des embryons de souris et de rat, puis de les transplanter chez des animaux de substitution. Le but était de créer des animaux aux organes composés de cellules humaines qui pourront, pourquoi pas, être transplantés chez l’Homme et ainsi guérir certaines maladies.

De nouveaux donneurs d’organes

S’il y parvient, Hiromitsu Nakauchi pourrait apporter une solution à la pénurie de donneurs d’organes qui sévit partout dans le monde. Il va donc travailler dans un premier temps sur des rats et souris avant de continuer ses expérimentations sur les cochons.

Cela soulève évidemment tout un tas de questions d’ordre éthique et nombreux sont les pays qui ont interdit ces pratiques. C’est le cas de la France puis 2011, par exemple. Aux États-Unis par contre, on est plus libre là-dessus. En 2019, des chercheurs américains ont développé un embryon homme-mouton pendant 28 jours.

Le risque étant que les cellules humaines ne se limitent pas à l’organe dans lequel elle était implantée. Car l’humain veut toujours étendre son pouvoir et ces cellules pourraient se retrouver dans le cerveau de ces animaux et affecter la cognition des animaux. Jusqu’ici, Hiromitsu Nakauchi a pu éviter cela.

Une expérience concluante

En fait, Nakauchi explore une stratégie plutôt intéressante: créer un embryon animal dépourvu du gène nécessaire à la production d’un organe donné, tel que le pancréas, puis a injecté des cellules souches pluripotentes induites (iPS) par l’Homme dans l’embryon animal. Les cellules iPS sont celles qui ont été reprogrammées à un état embryonnaire et peuvent donner naissance à presque tous les types de cellules.

Ainsi, en 2017, Nakauchi ont réalisé une expérience sur des souris. Lui et son équipe ont injecté les fameuses cellules iPS de souris dans l’embryon d’un rat incapable de produire un pancréas. Quelque temps plus tard, le rat avait formé un pancréas de lui-même et entièrement composé de cellules de souris. Ils ont ensuite transplanté ce pancréas à une souris souffrant du diabète et magie: elle était guérie. Grosso modo, Nakauchi voudrait remettre ça avec des cellules humaines. Mais la tâche est beaucoup plus difficile.

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