Le “flygskam” ou la honte de prendre l’avion, un mouvement né en Suède qui gagne l’Europe entière

Le “flygskam” ou la honte de prendre l’avion, un mouvement né en Suède qui gagne l’Europe entière

La question du climat et du futur de la planète est dans toutes les têtes et sur toutes les lèvres. Du coup, un nouveau phénomène se crée: le “flygskam” ou en bon français, la honte de prendre l’avion, un moyen de transport très polluant. Un nouveau mode de pensées né en Suède mais qui se propage dans toute l’Europe. 

Les mouvements et manifestations qui défendent le climat se multiplient partout dans le monde. Il en résulte un changement de mentalité vis à vis de certains modes de transport, surtout l’avion qui est responsable de 5% des émissions de CO2 dans le monde. Alors, un nouveau phénomène est né en Suède: le “flygskam” ou la honte de prendre l’avion en bon français. Ce phénomène est de facto couplé à un autre: le Train Brag, ou la fierté de prendre le train.

Thunberg comme exemple

Greta Thunberg a évidemment largement participé à la diffusion de ce phénomène écolo lorsqu’elle s’est déplacée en train au Forum économique mondial de Davos en Suisse en janvier 2019, dans un périple de 32 heures. “Je pense qu’il est insensé que des gens soient rassemblés ici pour parler du climat et qu’ils viennent ici en jet privé”, avait-elle déclaré. À ce propos, elle avait également partagé un tweet début du mois d’avril en se félicitant que le trafic aérien avait diminué de 4,5% en Suède au premier trimestre de 2019.

Elle est donc imitée par ses compatriotes qui ont de plus en plus honte de prendre l’avion et dans des cas plus extrêmes, ils refusent catégoriquement de monter dans un tel engin privilégiant ainsi le train. Et ça se voit: les trains sont de plus en plus fréquentés en Suède. Par exemple, le nombre de voyageurs sur la ligne Stockholm-Malmo a augmenté de 100% en seulement un an. Pour répondre à la demande, de nouvelles lignes s’ouvrent un peu partout dans le pays. Ce n’est pas quelque chose d’anodin puisque la Suède est un pays où l’on prend 5 fois plus l’avion que la moyenne mondiale.

Propagation européenne

Du coup, des groupes Facebook se forment où les membres partagent des itinéraires bis pour éviter de recourir à la voie des airs. Par exemple, le groupe suédois Tågsemester compte actuellement plus de 11.000 adhérents et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Sur Twitter également, la vague déferlent grâce au #Flyingless qui permet aux twittos de partager leurs expériences en train et de discuter de ce nouveau phénomène qui prend une ampleur mondiale.

Même chose sur Instagram: le compte Aningslösa Influencers publie par exemple l’impact climatique des célébrités qui abusent un peu trop l’avion. Actuellement, ce compte attire presque 63.000 personnes. En Allemagne, on parle désormais de “Flugscham” tandis qu’aux Pays-Bas, on est sur le “Vliegschaamte”. Mais globalement, des initiatives sont prises partout sur la planète, grâce aux réseaux sociaux et aux idées qui y circulent.

Réponse politique

Ce mouvement de grande envergure a aussi des répercussions politiques. En Suède, le gouvernement a mis en place une taxe sur le transport aérien. Elle s’applique à tous les passagers au départ d’un aéroport en Suède et varie selon la destination entre 5,8 et 38,8 euros. Aussi, des trains de nuit ont également mis en place pour également diminuer le nombre de trajets en voiture. Enfin, 5 millions d’euros vont être débloqués pour développer des lignes de trains vers les grandes villes européennes.

Les acteurs qui en payent le prix sont évidemment les compagnies aériennes. Par exemple, la compagnie low-cost finlandaise WOW Air a déjà mis la clé sous la porte. Et selon les expert, cette faillite en surtout due à cette honte de prendre l’avion: “De nombreuses entreprises n’ont pratiquement aucune réserve, ce qui signifie qu’une baisse de seulement quelques pourcents du taux d’occupation peut être fatale.”

Pour l’instant, à part en Suède, on est vraiment sur des initiatives citoyennes qui n’ont pas encore vraiment d’impact politique. Mais si le mouvement continue de grandir, des changements pourraient s’enclencher un peu partout en Europe. En Belgique, on en est encore très loin car le mouvement ne semble pas encore intéresser les Belges. On remarque d’ailleurs que le nombre de passagers ne cesse d’augmenter d’année en année.

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