Le nouveau gouvernement wallon à peine installé, le nom de Stéphane Moreau était déjà évoqué au Parlement. L’opposition exigeait des réponses concernant le rachat de Voo, filiale de Nethys, et le futur de Stéphane Moreau. Ce mardi Le Soir nous apprend qu’il quittera bel et bien ses fonctions.
Les nouveaux députés wallons étaient à peine installés sur leurs nouveaux sièges à Namur qu’ils étaient déjà invités à s’occuper du cas Stephane Moreau, l’administrateur délégué de Nethys. Lundi, le groupe cdH réclamait une commission d’enquête parlementaire, tout comme le PTB qui espère obtenir des éclaircissements sur le rachat de Voo, filiale de Nethys, par un fond d’investissement américain datant de mai dernier.
Pour rappel, Nethys a vendu Voo a Providence, la fameux fond d’investissement américain, dans le plus grand secret, sans informer le conseil d’administration d’Enodia (ex-Publifin), la maison mère de Nethys, ni les communes qui ont pourtant des parts dans le holding. L’affaire Publifin n’a donc pas quitté le parlement wallon, trois ans après son éclatement. Et Stephane Moreau est donc toujours sur la sellette lui qui est toujours administrateur délégué de Nethys. Mais ce mardi il y a du neuf: Le Soir nous apprend que Stephane Moreau quittera bien son poste de Nethys. Une manière sans doute de calmer un peu tout le monde.
Fini Nethys mais les affaires continuent
Selon Le Soir, Stephane Moreau quittera bel et bien Nethys une fois la privatisation terminée. C’est le président du holding, Pierre Meyers qui le confirme: « La décision est prise. » Une décision qui semble être prise à contrecoeur: « Nous avons bien compris qu’il y avait une pression politique injuste pour mettre fin au top management. J’ai dit aux autorités de haut niveau que c’était suicidaire de s’en séparer en pleine opération de cessions d’activités » ajoute ainsi Pierre Meyers.
Le grand ménage est donc annoncé chez Nethys: « Quand les opérations de privatisation seront accomplies, Stéphane Moreau, Bénédicte Bayer, Pol Heyse et Jos Donvil ne seront plus là. On met fin à leurs contrats, sans indemnité, sans parachute et sans incitif financier liés aux opérations. On les licencie. »
Mais Stephane Moreau ne va pas quitter le monde des affaires pour autant. Et il ne partira pas bien loin puisqu’il rejoindra François Fornieri, président d’Ardentia, qui compte bien racheter Win et Elicio, deux filiales appartenant à…Nethys. C’était en effet une condition posée par François Fornieri: récupérer le management des sociétés qu’il s’offre.
De grosses casseroles
Stephane Moreau traine de grosses casseroles derrière lui. Pour bien comprendre pourquoi il fait la une de l’actualité, il nous semble important de te rappeler tout ce qu’on lui reproche. Premièrement, il y a des soupçons de détournement de biens publics à usage privé. Le fait que Voo soit vendue dans le dos des communes et du conseil d’administration d’Enodia, que Win et Elicio vont être vendues à une société dont Stephane Moreau est administrateur, c’est déjà plutôt louche et ça sent le conflit d’intérêt.
De plus, le désormais ex-patron de Nethys était soupçonné d’avoir prétexté un séminaire professionnel pour se rendre à des fins privées en 2011 à Abu Dhabi afin d’assister au Grand Prix de Formule 1. Il avait mis sur place un faux programme de travail pour ainsi obtenir le remboursement des billets d’avion par la société Ogeo Fund. Et bien sûr, il y a l’affaire Publifin révélée en 2016 où l’on apprenait que plusieurs mandataires politiques locaux, dont Stephane Moreau (PS) recevaient de grosses rémunérations de la part de Publifin, désormais connu sous le nom d’Enodia. L’ancien bourgmestre de Ans gagnait environ 960.000 euros brut par an en ne siégeant pas ou très peu, au conseil d’administration de Publifin.