Boris Johnson, nouveau Premier ministre UK: qu’est-ce que ça va changer pour le Brexit?

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C’est désormais officiel. Boris Johnson est désigné successeur de Theresa May au Royaume-Uni. Avec lui, la perspective d’un Brexit dur gagne du terrain. Mais le Parlement aura toujours son mot à dire.

Bojo peut emmener ses cartons au 10 Downing Street. Il a facilement décroché le poste de Premier ministre au Royaume-Uni. En tant que leader des conservateurs, il aura la lourde tâche de faire passer la pilule du Brexit, par la porte ou par la fenêtre (pour rester poli).

epa/Therese May, en pleurs lors de l’annonce de sa démission en juin dernier

31 octobre

Son intention? Tenter de renégocier l’accord avec les Européens établi par sa prédecesseure. Le trublion de la politique britannique l’assure: “Nous allons mettre en oeuvre le Brexit le 31 octobre.” Quitte à passer sans accord, soit un Brexit dur comme le nomme les observateurs.

Sa devise? “Plutôt pas d’accord qu’un mauvais accord”, comme tous les fervents supporters du “leave” dont il était l’un des fers de lance durant la campagne qui a mené au référendum en 2016. Mais il reste “optimiste” coûte que coûte, quitte à employer quelques métaphores douteuses.

Or, on sait que l’Union européenne n’a pas l’intention de renégocier. Et la nomination d’Ursula von der Leyen à la tête de la commission ne devrait pas changer cette ligne rouge tracée par le Continent. À moins d’un énième report, envisagé en Europe mais exclu par Bojo, on se dirige tout droit vers un Brexit sans accord, où tout le monde ressort perdant, mais en gardant la face.

epa/La nomination de von der Leyen à la tête de la commission ne devrait pas changer la donne.

Bis repetita?

Outre les difficultés techniques à régler d’ici là – dès le lendemain du 31 octobre, le Royaume-Uni sortirait de facto des tarifs de l’Union douanière – il est aussi question de cuisine interne. En effet, Boris Johnson devra bénéficier d’une majorité au parlement britannique, chose qui s’est toujours refusé à Theresa May. L’ancien maire de Londres n’a pour l’heure pas de majorité absolue, et, pire encore, plusieurs élus conservateurs, de son propre camp donc, ne peuvent se résigner à un “no-deal”.

Boris Johnson a face à lui plusieurs ministres démissionnaires suite à son accession au 10 Downing Street. En regagnant les bancs du Parlement, ils joueront de tout leur poids pour contrecarrer les plans du blondinet. Il sera alors dans la même situation que Theresa May: trois ans de cauchemar et de reports successifs.

Certains observateurs pensent que la solution la plus évidente pour s’extirper de cette situation est la convocation d’élections anticipées au Royaume-Uni, histoire de complètement redistribuer les cartes. Mais le temps presse, l’UE a pour l’instant mis sur pause la signature de grands traités commerciaux. Si l’UE s’est choisi ses nouvelles élites, dont notre actuel Premier ministre, elle lui reste à faire le plus dur: en finir avec le Brexit et relancer la machine Europe.

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