33 milliards d’euros par an, le coût environnemental du secteur aérien en Europe

33 milliards d’euros par an, le coût environnemental du secteur aérien en Europe

L’époque où tu voyageais pour 20 euros à l’autre bout de l’Europe est peut-être révolue. La commission a pu chiffrer le coût environnemental du secteur aérien. Et ce coût pourrait l’inciter à mettre en place la fameuse taxe kérosène. 

L’association internationale du transport aérien tient actuellement sa 75e assemblée générale à Séoul. Mais les patrons des compagnies aériennes ne s’attendaient sans doute pas à voir débarquer la commissaire européenne Violeta Bulc. Elle est venue avec un rapport qui devrait faire grand bruit: le coût environnemental de 33 aéroports européens. Il est de 33 milliards d’euros par an.

Un coût assez inattendu si on en croit la commissaire: « Je dois être honnête avec vous, on pensait que ce chiffre serait vraiment inférieur », explique-t-elle à la La Libre. Émissions de CO2, nuisances sonores, impact sur le dérèglement climatique… autant de critère qui ont été pris en compte.

Les verts au pouvoir?

Du coup la question est sur toutes les lèvres: l’Europe va-t-elle mettre en place sa fameuse taxe kérosène? Pour Bulc, « ce n’est pas à exclure », mais ce sera « à la prochaine Commission de décider ». Et justement, lors des élections européennes, une vague verte s’est clairement déversée sur le Vieux Continent.

Le groupe des Verts est celui qui a gagné le plus de sièges (+17). Avec 69 députés, ils sont maintenant le 4e groupe politique le plus important au Parlement européen, et ils vont compter dans les prochaines coalitions.

C’est ce mardi que les ténors des partis européens doivent se rencontrer à Bruxelles. Les libéraux, parti pivot, ont la main. Ils devraient s’allier avec les démocrates-chrétiens (PPE) et les socialistes (S&D). Cette tripartite compterait 437 sièges sur 751, mais serait formée de partis ayant perdu les élections. C’est pourquoi les Verts pourraient faire l’appoint, histoire d’envoyer un signal à l’électeur, mais aussi d’asseoir une majorité plus importe de 506 sièges. Philippe Lamberts, coprésident des verts européens, souhaitait néanmoins la semaine dernière « un vrai changement de cap ».

Les Verts pourraient décider de mettre cette taxe kérosène sur la table.

Prix des tickets

Une taxe sur le kérosène aura forcément une influence sur le coût des billets. « Le prix payé par les voyageurs aériens couvre à peine les coûts d’infrastructures, mais pas les coûts environnementaux », rappelle la commissaire, toujours à La Libre.

Du côté des grands patrons des compagnies aériennes, on tire la tronche. D’abord, car remplir les caisses des États n’aura aucune influence sur les émissions de carbones, pensent-ils, ensuite car une taxe carbone est considérée comme une taxe punitive. Un PDG présent sur place à Séoul verrait d’un bien meilleur œil des mesures d’encouragement vers un carburant plus durable par exemple ou en améliorant la consommation des engins volants.

Les revenus des compagnies aériennes ont chuté en 2019 de plus de 7 milliards d’euros. Une taxe sur le kérosène pourrait leur coûter encore davantage en termes de compétitivité. À cela s’ajoute une réflexion découlant des marches pour le climat et d’une certaine Greta Thunberg. De plus en plus d’Européens y réfléchissent à deux fois avant de prendre l’avion, même s’il est difficile, pour l’heure, de mesurer le réel impact de cette « honte de voler« , Flygskam en suédois.

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