Veto! Les USA s’opposent à une résolution de l’ONU visant à combattre le viol comme arme de guerre

Veto! Les USA s’opposent à une résolution de l’ONU visant à combattre le viol comme arme de guerre

À priori, le projet de résolution de l’ONU visant à combattre le viol comme arme de guerre devait passer comme une lettre à la poste. C’était sans compter les États-Unis qui ont décidé de s’y opposer en utilisant leur veto. Ça a eu le don d’agacer tout le monde au sein des Nations Unis à commencer par les prix Nobel de la paix.

Une fois de plus, les États-Unis ont usé de leur droit de veto au conseil de sécurité de l’ONU. Mais cette fois-ci, il a été utilisé contre une résolution qui ne semblait pas le demander. Ce projet de résolution vise en effet à combattre les viols comme arme de guerre, une pratique qui est encore une réalité dans bien des pays du monde. Le but de cette résolution est bien de « maintenir la paix et la sécurité internationales », pourtant les USA s’y sont opposés lors d’une session spéciale du Conseil de sécurité.

Pourtant, ce projet de résolution a déjà bien été charcuté. Plusieurs mesures y ont déjà été amputées comme la création d’un mécanisme de surveillance et de recensement de ces violences qui gênait la Russie, la Chine et bien sûr les États-Unis. Les Américains ont donc remis ça ce mardi à cause du vocabulaire employé dans certains passages de la résolution rapporte le Guardian.

Une histoire d’avortement

Selon le journal britannique, un passage en particuliers dérange les Américains. Il s’agit de la clause qui « invite instamment les entités des Nations unies et les donateurs à offrir aux personnes ayant subi des violences sexuelles, sans aucune discrimination, une gamme complète de soins de santé, notamment sexuelle et procréative, un soutien psychosocial, une aide juridictionnelle et des moyens de subsistance, ainsi que d’autres services multisectoriels, compte tenu des besoins particuliers des personnes handicapées ». Tu vois là où ça coince?

En fait, les États-Unis ne veulent plus du passage sur la « santé sexuelle et privative » car ils estiment que ce passage sous-entend le soutien de l’avortement, chose qui ne fait encore l’unanimité chez l’Oncle Sam. Cette prise de position a eu le don d’agacer pas mal de monde au sein des Nations Unies comme Pramila Patten, représentante spéciale des Nations unies pour les violences sexuelles dans les conflits.

« Si nous laissons les Américains supprimer ce vocabulaire, tout sera édulcoré pendant longtemps » déclare-t-elle en ajoutant qu’il s’agit là d’une « attaque contre le cadre normatif progressif établi ces vingt-cinq dernières années. » Selon elle, les États-Unis ont changé de camp, rejoignant ainsi la Russie, le Vatican, les Saoudiens et les Bahreïnis.

Les prix Nobel montent au créneau

Cette résolution de l’ONU était très importantes pour la jeune Yézidie Nadia Murad, persécutée par l’organisation Etat islamique, et le médecin congolais Denis Mukwege, tout deux nommés prix Nobel de la Paix en 2018. Ce mardi, ils ont d’ailleurs interpellé le Conseil de sécurité pour que justice soit rendue aux victimes de violences sexuelles dans les conflits.

« Qu’attend la communauté internationale pour rendre justice aux victimes », s’est ainsi interrogé Denis Mukwege qui réclame par ailleurs la création de tribunaux nationaux ou internationaux consacrés au jugement des coupables de violences sexuelles dans les conflits. Mais voila, l’administration conservatrice des États-Unis a fait du dégât et ne permet pas d’aboutir à un consensus et de faire bouger les choses sur une question si importante. Par le passé, l’administration de Donald Trump s’était déjà opposé à l’utilisation du terme « genre » dans les documents de l’ONU car elle estimait qu’il s’agissait d’une promotion des droits des personnages transgenres.

L’impunité triomphe

C’est l’Allemagne, qui préside actuellement le Conseil de sécurité, qui à la base de ce projet de résolution, soutenue par l’actrice (américaine) Angelina Jolie. « La violence sexuelle est répandue dans les zones de guerre. Nous devons agir » écrivait le ministre allemand des affaires étrangères, Heiko Maas, dans une tribune publiée dans le Washington Post et co-signée par Angelina Jolie. « Le viol et d’autres formes de violence sexuelle sont utilisés comme tactique de guerre et de terrorisme dans les conflits du monde entier » estiment-ils avant d’ajouter qu’actuellement, « l’impunité est toujours la norme ».

Concrètement, qu’est-ce que l’on trouve dans cette résolution de l’ONU? Elle répond en fait à trois préoccupations: que les auteurs d’actes de violence sexuelle soient tenus responsables de leurs actes, que la coopération internationale permette de réunir les preuves contre eux et enfin, que les victimes soient entendues et aient accès à la justice ainsi qu’à des réparations financières. Alors, l’adoption de cette résolution semble indispensable pour une majorité des membres des Nations Unies « pour mettre fin à l’impunité des auteurs de violence sexuelle lors de conflits. »

Les prix Nobel montent au créneau

Cette résolution de l’ONU était très importantes pour la jeune Yézidie Nadia Murad, persécutée par l’organisation Etat islamique, et le médecin congolais Denis Mukwege, tout deux nommés prix Nobel de la Paix en 2018. Ce mardi, ils ont d’ailleurs interpellé le Conseil de sécurité pour que justice soit rendue aux victimes de violences sexuelles dans les conflits.

« Qu’attend la communauté internationale pour rendre justice aux victimes », s’est ainsi interrogé Denis Mukwege qui réclame par ailleurs la création de tribunaux nationaux ou internationaux consacrés au jugement des coupables de violences sexuelles dans les conflits. Mais voila, l’administration conservatrice des États-Unis a fait du dégât et ne permet pas d’aboutir à un consensus et de faire bouger les choses sur une question si importante. Par le passé, l’administration de Donald Trump s’était déjà opposé à l’utilisation du terme « genre » dans les documents de l’ONU car elle estimait qu’il s’agissait d’une promotion des droits des personnages transgenres.

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