Une conversation privée révèle la vraie Theresa May: elle a en fait les boules du Brexit

Une conversation privée révèle la vraie Theresa May: elle a en fait les boules du Brexit

Mais finalement que veut-elle pour l’avenir du Royaume-Uni? La Première ministre britannique, Theresa May, ne cesse de tergiverser. En public, elle défend le “hard Brexit” et veut couper complètement les ponts avec Bruxelles. Mais en privé, elle a peur des conséquences économiques et sécuritaires pour son pays hors de l’Union européenne. C’est, en tout cas, ce qu’elle a dit aux banquiers de la Goldman Sachs un mois avant le référendum. 

Si tu as un peu suivi l’histoire du Brexit, tu as remarqué que la livre anglaise n’arrête pas de chuter à la bourse, les investisseurs ont peur et les entreprises vont de plus en plus mal. Les Britanniques subissent durement leur choix de quitter l’Union européenne. Tout le monde frissonne… y compris la Première ministre Theresa May.

Dans une conversation privée récupérée par le journal britannique The Guardian, Theresa May, n’est en fait pas du tout confiante sur l’avenir de son pays hors de l’Union européenne… contrairement à ce qu’elle dit en public!

Une conversation totalement privée avec des banquiers

Un mois avant le référendum qui a définitivement enclenché la procédure de divorce du Royaume-Uni et de l’Union européenne, elle a discuté en privé avec des employés de la célèbre banque d’investissement Goldman Sachs. Cela s’est passé le 26 mai 2016 exactement, lorsqu’elle était encore ministre de l’Intérieur dans le gouvernement de David Cameron. Elle les a reçus à Londres pour les avertir des conséquences économiques si les Britanniques votaient pour le “leave”. Et elle a même ajouté vouloir rester membre de l’Union européenne.

Voici ce qu’elle a dit mot pour mot: “Je pense que les arguments économiques sont clairs. Je pense que faire partie d’un bloc commercial de 500 millions [ndlr: d’habitants, autrement dit, l’Union européenne] est important pour nous […] le problème est que beaucoup de gens investiront au Royaume-Uni parce que le Royaume-Uni est en Europe. Si nous n’étions pas en Europe, je pense que les firmes et les entreprises se demanderaient s’ils ont besoin de développer une présence en Europe plutôt qu’au Royaume-Uni”.

Theresa May n’est pas seulement inquiète pour l’économie

Et elle ne parle pas seulement des portefeuilles et des investissements. Quitter l’Union européenne aura aussi des effets négatifs sur la sécurité intérieure du Royaume-Uni. Dans l’enregistrement, elle dit d’ailleurs que la sécurité de son pays sera meilleure s’il reste dans l’UE.

Qu’est-ce que le Royaume-Uni n’aura plus? Des outils comme le mandat d’arrêt européen ou le partage d’informations entre la police et les services de renseignement. Pour Theresa May, “il y a définitivement des choses que nous pouvons faire en tant que membre de l’Union européenne qui, je pense, nous mettent en sécurité”. Mais tous ces avantages, son pays n’y aura bientôt plus accès.

Sait-elle vraiment ce qu’elle veut?

À la base, elle est une eurosceptique convaincue. Mais pendant toute la campagne avant le vote du 23 juin, elle s’est montrée fidèle à son prédécesseur David Cameron en défendant le maintien dans l’UE.

Depuis qu’elle a été nommée Première ministre, elle a viré vers une position plus dure. Ses récents discours vont dans le sens du “hard Brexit”. Autrement dit, elle préfère couper complètement les ponts avec Bruxelles, sortir du marché unique et appliquer des contrôles à l’immigration des citoyens de l’UE. Mais au dernier sommet européen du 20 octobre, elle a rassuré ses partenaires européens que Londres resterait un “partenaire fiable”.

Du coup, cet enregistrement jette encore un voile d’ombre sur ce qu’elle veut réellement pour l’avenir du Royaume-Uni.

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