Un accord d’ici octobre? Voici les deux pistes les plus sérieuses pour former un gouvernement fédéral

Discrets, les deux informateurs royaux vont prolonger leur mission “avec les partis qui sont encore utiles” pour former une coalition fédérale. Deux pistes sont privilégiées. Et pas mal de monde aimerait trouver une solution d’ici octobre prochain, date de rentrée du budget auprès de l’Union européenne.

L’espoir d’éviter un nouveau record de 541 jours sans gouvernement fédéral demeure. Didier Reynders (MR), l’un des deux informateurs royaux, l’a confirmé hier après son entrevue avec notre souverain: “Si nous avions le sentiment qu’il n’y a aucune possibilité de progresser dans la démarche que nous sommes en train de mettre en place, nous la rendrions peut-être un peu plus publique et, plus sérieusement, nous proposerions de passer à autre chose. Nous avons le sentiment qu’il y a une capacité à progresser.”

Cette capacité mobilisatrice est rendue possible par une date butoir. En effet, en octobre prochain, la Belgique doit remettre son budget à l’Union européenne. Si on veut un vrai gouvernement en capacité de prendre des décisions, cette pression budgétaire est la bienvenue et son inquiétude semble être partagée par beaucoup. 

Mais dans les faits, est-ce que nos deux informateurs avancent réellement? Selon La Libre, deux pistes sont privilégiées. D’abord la “Bourguignonne”, qui compte libéraux, socialistes et N-VA, comme on a pu le voir à Anvers lors des élections communales. Et si cette première piste échouait, une autre solution est envisagée sans la N-VA. Il faudrait toutefois pas mal de monde au balcon: jusqu’à 7 partis et avec une Flandre en minorité.

Deux scénarios qui se dessinaient déjà au lendemain des élections. Dans les faits, il nous revient que les deux informateurs avancent peu. Leurs propos tenus en conférence de presse demeurent prudents: ils ont plus ou moins répété ce qu’ils avaient dit il y a 15 jours.

Les Régions comme première étape

En fait, il faut d’abord que ça bouge dans les Régions. C’est dans la capitale qu’il y a le moins de suspens: on semble se diriger vers une coalition PS-Ecolo-DéFI comme prévu. 

En Wallonie, Ecolo ne semble vraiment pas chaud à entrer dans une coalition où il ne serait pas indispensable. Leur idée de gouvernement “coquelicot” élargi à la société civile a plus ou moins été balayée par les différents partis. La perspective d’un gouvernement minoritaire s’éloigne sans le potentiel soutien du cdH ou du PTB depuis l’opposition. Le MR semble toujours en pôle pour s’associer aux socialistes. Une situation qui rendrait sans doute plus simples les négociations au fédéral.

On a toutefois cette impression que les présidents de parti se parlent davantage par presse interposée qu’en contact direct. Ça ne facilite pas les choses. Mais c’est aussi une manière de communiquer à son électorat un certain volontarisme, de montrer que l’on a entendu son vote, et que s’associer à l’ennemi ne se fera qu’en dernier recours. Les socialistes rencontrent les écologistes ce mercredi. On saura sans doute si les Verts veulent monter ou pas dans l’attelage PS-MR. On en prend pas le chemin.

Et puis il y a la Flandre. Là non plus rien de simple. La N-VA discute toujours très sérieusement avec le Vlaams Belang. Ils parlent dans les détails de programmes communs, ce qui place le parti d’extrême droite bien plus loin que ne l’a jamais été le PTB dans les négociations. Mais ce n’est pas la piste privilégiée par la N-VA. Comme pour le PS vis-à-vis des communistes, le parti de Bart De Wever doit montrer qu’il a entendu le vote du VB. Négocier avec le VB est aussi un moyen de pression de la N-VA pour ne pas se faire exclure du fédéral. Si l’Open VLD, le CD&V et les Groen voulaient s’associer sans lui, ils en connaîtraient alors le prix.

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