Theo Francken, touché au cœur de sa politique

Theo Francken, touché au cœur de sa politique

C’est en voulant redorer son image que Theo Francken (N-VA) se retrouve dans la tourmente. La pression n’a jamais été aussi forte sur l’ancien secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration. Car il a reconnu avoir entendu des rumeurs sans pour autant prévenir la justice dans l’affaire du trafic de visas. Sa politique, ferme, ne s’appliquait manifestement pas à tout le monde.

Pano a encore frappé. Mardi soir, le magazine d’investigation de la VRT révélait au grand jour un trafic de visas à destination de familles chrétiennes de Syrie et d’Irak. Un trafic mis sur pied par le conseiller communal N-VA Melikan Kucam, homme de confiance de Theo Francken (N-VA), alors secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration. Melikan Kucam extorquait ces familles de l’ordre de 2.000 à 14.000 euros, selon certains témoins.

Il s’agit d’une affaire qui touche au plus haut point Theo Francken. Non pas qu’il soit directement impliqué – la parquet d’Anvers mène son enquête – mais bien parce que tout s’est passé devant son nez. Et quand vous vous autoproclamez dernier rempart au trafic illégal de migrants, cela fait toujours tache.

Politique ferme et humaine

Au sein de la petite communauté irako-syrienne, ce trafic d’êtres humains semble être connu depuis longtemps. L’ex-secrétaire d’État a reconnu lui-même avoir entendu des rumeurs. Mais au-delà du fait de savoir ou pas, cette affaire touche le cœur de sa politique.

Car celui qui se disait si ferme en matière d’asile ne semble pas avoir été trop regardant en ce qui concerne ces familles, presque toutes chrétiennes. Lui et son cabinet se voyaient proposer des listes de noms, sans pour autant vérifier si ces familles nécessitaient véritablement une protection. Aucun rapport à l’administration, uniquement un screening de sécurité pour connaître les éventuelles liaisons criminelles ou terroristes.

Instagram Theo Franken.

Une sorte de facilité pour “ses amis” syriens, comme il aimait les nommer sur les réseaux sociaux, en partageant de nombreux clichés en leur compagnie durant les fêtes. Car ironie de l’histoire, c’est en voulant montrer son visage humain que Theo Francken se prend un retour de bâton. Un venant en aide à ces familles chrétiennes menacées par l’Etat islamique.

Débats à la Chambre

Aujourd’hui, De Morgen révèle que jusqu’à 200 personnes auraient ainsi été extorquées. Les réactions politiques ne se sont pas fait attendre. L’ex-secrétaire d’État, toujours le premier sur la balle pour réagir aux polémiques, s’est pris une volée de bois vert. De Ahmed Laaouej (PS) au MR, en passant par Maggie De Block (Open VLD) qui lui succède à l’Asile et à la Migration. Elle a d’ailleurs fait interdire toute demande de visa qui passerait par des intermédiaires.

Theo Francken a annoncé de son côté se porter partie civile. Il se sent complètement trahi par Melikan Kucam. L’affaire sera elle évoquée ce jeudi à la Chambre.

Articles sponsorisés