Theo Francken se place comme le numéro 1 de la N-VA au fédéral

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En marge de la fièvre identitaire flamande, un homme fait son trou. Suite au départ de Jan Jambon à la ministre-présidence, Theo Francken est désormais le numéro un de la N-VA au fédéral. Il deviendra le leader du parti en cas d’opposition et candidat vice-premier ministre si la N-VA intègre la majorité. Et ce n’est pas vraiment une bonne nouvelle en vue des négociations.

Ce week-end, Laurette Onkelinx (PS) a rappelé tout ce qui oppose la N-VA au parti socialiste. Alors qu’elle ne fait officiellement plus partie de la tête du parti, la Bruxelloise d’adoption continue à jouer un rôle déterminant: “Il n’y a pas de cordon sanitaire autour de la N-VA, mais bien autour des valeurs portées par un homme comme Francken et d’autres populistes”, a-t-elle déclaré à l’Echo.

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Laurette Onkelinx vise principalement la poussée identitaire flamande qui s’est traduite par un score important du Vlaams Belang lors des élections, jusqu’à se retrouver dans la note de Bart De Wever pour la formation d’une majorité en Flandre: “Ce repli identitaire, cette exaltation d’un nationalisme flamand que l’on y retrouve, ça, ça ne me parle évidemment pas. Je trouve ça tellement triste dans un monde moderne, ouvert aux identités multiples et complémentaires, avec une jeunesse qui n’a même plus besoin de bouger physiquement pour voyager à travers les cultures, qu’on se racrapote sur son identité.”

Onkelinx? “Hautaine”

Theo Francken a lui qualifié les déclarations de la socialiste “d’hautaines” sur les réseaux sociaux, tout en appelant une nouvelle fois à un dialogue entre les deux plus gros partis de chaque communauté. “Il y a une totale incompatibilité”, prévient pourtant Onkelinx, rejoignant par là la ligne dure de Paul Magnette. Le nationaliste en appelle lui au sens de l’Etat d’un Elio Di Rupo. Il tente sans doute de diviser l’ennemi: “Elio Di Rupo et Bart De Wever sont des personnes intelligentes. Si vous les mettez dans la même pièce, et qu’ils y mettent de l’énergie et du temps, quelque chose peut en ressortir”, a-t-il déclaré ce dimanche sur le plateau de VTM.

Il rejoint par là un autre socialiste. Charles Piqué, pas vraiment copain avec Onkelinx, qui suggérait la semaine dernière dans HLN qu’une entente entre le PS et la N-VA pourrait servir à réformer le pays. Comprendre: négocier le confédéralisme, ce qui a fait bondir le MR.

Theo Francken se place habilement dans le jeu fédéral. Après tout, il est l’un des rares leaders de la N-VA à avoir tenu son rang lors des dernières élections. Et puis le pas de côté de Bart De Wever en Flandre a permis d’y recaser Jan Jambon, jusque-là candidat Premier ministre. Une voie royale se dessine au fédéral pour le Brabançon. Car si c’est Bart De Wever qui négocie, c’est Theo Francken qui y jouera un rôle, le président de la N-VA préférant conserver ses fonctions de bourgmestre dans la ville d’Anvers.

Un dialogue inévitable

Ce rôle déterminant de Theo Francken au fédéral ne facilite toutefois pas la tâche des négociateurs et autres informateurs. Car il s’agit bien sûr d’une personne clivante, et qui n’a pas montré beaucoup de signes de fidélité dans la coalition précédente. Charles Michel s’en souvient encore. “Comment pouvez-vous faire une coalition avec une telle personne et attendre une réponse loyale?”, commente pour nous un négociateur.

Toujours est-il qu’il faudra bien se parler. Theo Francken l’a rappelé sur les antennes de VTM, 80 jours après les élections, il faut que PS et N-VA entame les discussions: “Rien ne peut être résolu sans au moins qu’il y ait un dialogue”.

Le PS pourrait aussi y trouver son compte. Après tout, si l’arc-en-ciel (socialistes-libéraux-écologistes+CD&V) est la formule privilégiée par les socialistes, ils devront faire la démonstration que toute entente avec la N-VA est impossible. Et ça ne passera que par des discussions. Pour l’heure, il est impensable que le CD&V et surtout l’Open VLD rejoignent les socialistes sans les nationalistes à la table des négociations.

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