#StopTheCoup: Hugh Grant et un million de signatures s’opposent à Boris Johnson

(Photo by John Keeble/Getty Images)

En voulant forcer le Brexit sans deal et en mettant sur pause le parlement, Boris Johnson n’a pas fait son meilleur coup. Sur Internet, beaucoup le considèrent aujourd’hui comme un dictateur illégitime au pouvoir. Manifestations, pétition, déclarations et hashtags: l’Angleterre appelle Boris Johnson à la barre.

“Tu ne vas pas foutre en l’air le destin de mes enfants”. Dans un tweet incendiaire, Hugh Grant, qui a été Premier ministre le temps d’un film (Love Actually pour ceux qui n’auraient pas la ref), a fait part de ses opinions politiques vis-à-vis de Boris Johnson.

“Tu ne vas pas détruire les libertés pour lesquelles mon grand-père a combattu pendant deux guerres mondiales. Va te faire foutre, espèce de jouet de salle de bain surcoté. L’Angleterre est révoltée par toi et ta petite bande de préfets masturbatoires.”

280 caractères, ce n’est clairement pas assez pour Hugh Grant, dont la réaction à l’annonce de la suspension du parlement représente vraisemblablement l’attitude de bon nombre d’habitants de la Grande-Bretagne.

Pour le Premier ministre écossais, Boris Johnson n’est qu’un “dictateur de pacotille”. Pour tous ceux qui sont descendus dans les rues de Londres et Manchester en manifestant, la situation actuelle de la Grande-Bretagne ressemble à un coup d’État.

Il fallait y penser. Boris l’a fait.

Le coup en question? Boris Johnson qui, avec l’approbation de la reine d’Angleterre, suspend le parlement anglais. Une manœuvre qui semble aller dans le sens d’un Brexit sans accord.

Depuis le référendum de 2016 qui donnait à 52% le Brexit vainqueur, Theresa May avait essuyé trois échecs face au parlement, qui se doit d’approuver l’accord. Sauf que: pas de parlement, pas d’accord à avoir. Il fallait y penser. Boris, qui n’avait pas l’air d’être un si fervent défenseur de la sortie de l’Euro il y a encore un an, l’a fait.

1 million de signatures

Depuis, la colère gronde en Grande-Bretagne. Contre les conservateurs, contre les Brexiteurs (ou “leaver”), et surtout contre Boris Johnson et, par corrélation, Elizabeth II. “Les Sex Pistols avaient un peu raison”, commente un internaute en faisant référence à la chanson accusatrice God Save The Queen de l’emblématique groupe de punk londonien.

La mobilisation se passe dans les rues de Manchester et Londres, mais aussi sur les réseaux sociaux et via une pétition au succès tonitruant: en à peine 24 heures, elle a recueilli plus d’un million de signatures. Et le chiffre monte encore.

Capture d’écran – petition.parliament.uk (29/08, 10h26)

Plus que le Brexit, c’est une crise démocratique qui est en train de se dérouler pour les opposants à Boris Johnson. Si bien que parmi les manifestants, on retrouve des pro-Brexit. “Je veux partir, mais pas comme ça”, peut-on lire sur certaines pancartes.

Parmi les soutiens au Premier ministre, on peut compter Jacob Rees-Mogg, leader de la Chambre des Communes et membre du parti conservateur. Dans ses interviews, il décrit ceux qui protestent contre le Brexit sans deal comme des “hypocrites”: “ce qu’il se passe est tout à fait constitutionnel.”

Attaque démocratique ou non, d’autres manifestations sont en préparation. Dans la foule rassemblée hier, une manifestation de masse était mentionnée, qui aurait lieu le 19 octobre. Soit 5 jours après la fin de la pause parlementaire, qui devrait durer du 12 septembre au 14 octobre.

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