Spielberg toujours en guerre contre Netflix, mais plus isolé que jamais

Spielberg toujours en guerre contre Netflix, mais plus isolé que jamais

Le célèbre réalisateur américain continue à distinguer cinéma et film pour la télé. C’est pourquoi il ne veut pas voir de Netflix à la cérémonie des Oscars. Il n’a toutefois pas été entendu et est même de plus en plus critiqué.

Steven Spielberg est sans contestation l’un des plus grands réalisateurs de tous les temps. À l’instar de Stanley Kubrick, Orson Welles ou James Cameron, son nom restera à jamais graver dans l’Histoire du cinéma avec un grand H, sans doute beaucoup moins dans le monde de la télévision.

On sait que le réalisateur d’E.T. ou Jurassic Park ne porte pas Netflix dans son cœur. Car selon lui, le modèle économique de la plateforme met en danger le cinéma. Pendant de longs mois, Steven Spielberg a fait campagne pour que les productions du géant du streaming soient retirées de la liste des nommés aux Oscars.

Le réalisateur américain veut que les salles obscures restent sacrées. Car, selon lui, on ne profite pas d’un film chez soi comme on le fait au cinéma. Le son, l’image, la sensation, l’émotion, à en croire le réalisateur, rien ne remplace une salle. Le réalisateur parle aussi d’une concurrence déloyale, car les films et séries Netflix sont dispo 7j/7 et 24h/24. Netflix peut également déployer un budget marketing considérable. Là où les producteurs de Green Book ont dépensé 5 millions de dollars en marketing, Netflix en a dépensé 50 millions pour Roma. Si Green Book a finalement remporté l’Oscar du Meilleur film, ce n’est qu’une question de temps avec que la plateforme ne remporte le précieux sésame.

Scorese, frères Coen, Cannes

C’est pourquoi il préférerait que les productions Netflix prennent place aux Emmys, cérémonie qui regroupe les productions TV. Il a même écrit personnellement à l’académie pour qu’elle revoie sa position. En vainc, le film “Roma” du réalisateur mexicain Alfonso Cuarón a bénéficié de 15 nominations (dont la catégorie du Meilleur film” et a remporté 3 statuettes le 25 février dernier.

En fait Spielberg est de plus en plus isolé. D’abord parce que Netflix s’est adapté. Il propose ses films dans les salles de cinéma et de nombreux réalisateurs ont décidé de collaborer avec le géant du streaming (Irish Man de Scorsese, La Balade de Buster Scruggs des frères Coen…). Même le Festival de Cannes est en train de revoir sa position et pourrait proposer un palmarès enrichi de production Netflix dès cette année.

Netflix, c’est aussi un immense espoir pour les films indépendants. Pour beaucoup de réalisateurs, trouver un public en salle, et donc des moyens, est un obstacle infranchissable. Avec l’aide de Netflix, ils peuvent produire leur film à moindre coût, et accéder à un public énorme et éclectique. Ils voient donc s’ouvrir des portes là où les grands studios de cinéma les ferment.

Le vent tourne, Steven. Le mieux reste de s’adapter.

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