Si tu ne connais pas ces 3 femmes, tu ne connais pas (vraiment) la Belgique

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Mettre à l’honneur les noms féminins qui ont construit le plat-pays, c’est la mission que se sont données les Journées du Matrimoine.

Pour la première fois à Bruxelles, on va avoir droit aux Journées du Matrimoine. Une initiative conjointe de La Ville de Bruxelles, L’Architecture qui Dégenre, la Commune de Saint Gilles, la Faculté d’Architecture de l’ULB, vzw Amazone asbl et l’ASBL L’ilot- Sortir du sans-abrisme, des visites de la capitale seront organisées les 28 et 29 septembre prochains pour découvrir comment la culture belge a aussi été construite par des femmes.

Les Journées du Matrimoine cherchent à rétablir une certaine égalité dans l’Histoire en mettant en avant les femmes oubliées mais qui ont pourtant marqué les époques. L’initiative n’est pas neuve et est d’abord née en France: “L’égalité entre femmes et hommes dans les arts et la culture passe par la valorisation de l’héritage des femmes artistes et intellectuelles d’hier. C’est dans cette perspective que HF Île-de-France a initié, en 2015, les Journées du Matrimoine”, peut-on lire sur le site de lematrimoine.fr, qui organise un événement annuel à Paris, à l’image de celui qui nous attend à Bruxelles.

Les noms masculins habitent les parcs, les auditoires et les bâtiments. De Pierre Paulus à Ernest Solvay en passant par Victor Horta, ils sont mis à l’honneur dans bien des lieux phares de la capitale. Mais connais-tu seulement les femmes qui, elles aussi, ont construit notre culture? On t’en présente 3 pour commencer. Le reste, tu le découvriras aux Journées du Matrimoine.

Isabelle Blume

Première figure présentée sur les réseaux des Journées du Matrimoine, Isabelle Blume fut la deuxième politicienne à entrer au Sénat en Belgique. Pourquoi parler de la deuxième et pas de la première, Marie Janson? Car même en n’étant pas celle qui a ouvert la voie, Isabelle Blume l’a élargie. Son premier discours s’appelait “A travail égal, salaire égal”, et fut prononcé en 1936. Une lutte encore bien actuelle.

Outre ses multiples engagements féministes, elle a été l’une des personnalités politiques à lutter ardemment contre le fascisme dès le début des années 30. Alors que la Belgique choisit d’avoir une position neutre et que l’Allemagne nazie gagne du terrain, elle s’oppose à cette vision et encourage le pays à s’engager contre le régime hitlérien.

Son combat, elle le mènera toute sa vie contre le fascisme, qu’il émerge en Espagne ou en Tchécoslovaquie. Malgré les critiques de toutes parts, la traitant d'”hystérique” aux “moeurs légères”, elle continuera toute sa vie à donner des conférences et militer contre le fascisme, pour la contraception, un salaire égal et de manière générale une meilleure condition féminine à Bruxelles, en Belgique et à travers le monde.

Gabrielle Petit

Comment ne pas citer Gabrielle Petit, sans doute l’une des personnalités les plus badass du plat-pays? Résistante durant la première guerre mondiale, elle a décidé de s’engager à à peine 21 ans à la Croix Rouge avant de débarquer aux services secrets anglais. Entre deux soins prodigués, elle fournissait des informations précieuses, comme la chute d’un Zeppelin ou des communications volées aux Allemands.

Elle s’occupera aussi de distribuer La Libre Belgique alors que sa publication est interdite, transmettra du courrier aux soldats internés et arrivera même à faire passer la frontière à des soldats hollandais.

Sa carrière de résistante se soldera comme beaucoup l’ont vécu: fusillée au jeune âge de 23 ans. Dans sa dernière lettre, elle écrit ce qui est digne d’une réplique à la Jack Bauer: “Je leur montrerai comment une femme belge sait mourir”. Une déclaration si emblématique qu’on peut aujourd’hui la retrouver sur une statue à son effigie, dressée non loin de la gare centrale de Bruxelles et du Manneken Pis, rue de l’hôpital.

Marie Popelin

Née à Schaerbeek, Marie Popelin a réussi à faire entrer les femmes dans l’univers juridique (un combat encore mené par un collectif comme Fem & Law aujourd’hui). À 37 ans, alors que cela faisait 3 ans que l’ULB autorisait les femmes à suivre ses cours, elle décide de se lancer dans des études de droit, qu’elle réussira avec brio.

Avec un diplôme de doctorante en poche, elle n’a pas hésité une seconde à faire une demande pour prêter serment à l’Ordre des Avocats. Sauf qu’un diplôme ne suffit pas pour laisser une femme venir jouer avec la jurisprudence. Dans leurs justifications de refus, l’Ordre des Avocats avanceront que la loi n’est écrite qu’au masculin et que même s’ils n’existe pas d’interdiction pour les femmes d’exercer le métier d’avocat, il n’y a pas non plus d’autorisation. Dans la liste des motifs, on a aussi bien entendu droit au classique “mais attendez, elle doit déjà s’occuper de ses gosses et du ménage”. Formulé dans un langage plus soutenu, mais t’as l’idée.

Marie Popelin, face à un tel refus, mènera toute sa vie, jusqu’en 1913 un combat pour encourager la reconnaissance des aptitudes féminines, tout en travaillant en tant que consultante dans un cabinet d’avocats. Elle dira d’ailleurs: “La femme est autre chose qu’épouse et mère, elle peut aussi avoir des aptitudes spéciales qu’elle doit avoir le droit d’appliquer. Elle a le droit au respect et ne peut être considérée comme satellite de l’homme.” Une lutte, encore une fois, toujours actuelle.

Connaître ces trois noms est déjà un début, mais il reste encore des dizaines de femmes, reconnues ou non, qui méritent toute ton attention aux Journées du Matrimoine.

Rendez-vous sur l’événement Facebook pour t’inscrire le 28 ou le 29 septembre prochains.

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