Selon une étude, ce sont les seniors qui partagent le plus de fake news sur les réseaux sociaux

Selon une étude, ce sont les seniors qui partagent le plus de fake news sur les réseaux sociaux

Grâce à trois chercheurs américains en science politiques, on peut désormais dresser un profil type des diffuseurs de fake news. En fait, il s’agirait surtout de personnes plus âgées, ce qui est plutôt surprenant. 

C’est le nouveau mot à la mode depuis les élections présidentielles américaines de 2016: fake news. Depuis 2 ans, les fausses informations sont véritablement devenues un danger de société. Rapidement, des sites spécialisés dans la vérification des infos ont vu le jour, et les réseaux sociaux comme Facebook se sont dotés d’outils pour les combattre, avec plus ou moins de succès.

Ce mercredi, une nouvelle étude de grande envergure est apparue dans le magazine Science Advances. Réalisée par trois chercheurs américains en sciences politiques, elle permet de dresser un profil des principaux propagateurs de fake news.

Troisième âge

Pour réaliser leur étude, les trois chercheurs ont mis en relation les réponses d’un questionnaire soumis à 3.500 Américains avec leur profil Facebook. Le but étant de déterminer si des facteurs permettent de prédire la propension à propager de fausses informations.

Ils en tirent deux enseignements majeurs: premièrement, le partage de fake news n’est pas un phénomène si courant que ça. En moyenne, les internautes du panel ont diffusé très peu de liens vers des articles faux durant la période d’étude (d’avril à novembre 2016). Cela peut s’expliquer par le fait que les chercheurs avaient choisi des critères très restrictifs pour identifier les faux articles: ils ne se concentraient que sur des sites invalidés par les sites spécialisés de vérification.

Le deuxième enseignement concerne l’âge et le profil des propagateurs de fake news. Les toutes premières études sur le sujet montraient que lors de la campagne présidentielle américaine de 2016, les principaux propagateurs étaient des conservateurs proches du parti républicain américain. Désormais, on peut être plus précis: les personnes âgées de plus de 65 ans ont tendance à partager deux fois plus de fausses informations que les plus jeunes, et ce, qu’importe le niveau d’étude, les revenus et le positionnement politique des personnes interrogées.

Education aux médias

Comment expliquer tout ça? Une des hypothèses est que les personnes nées avant 1960 ont une moins bonne compréhension du web et des médias en ligne. Aussi, l’affaiblissement de leur mémoire les rendrait plus vulnérables aux messages trompeurs qui circulent sur les réseaux sociaux. Il faut également prendre en compte la composition flux Facebook de ces personnes qui pourrait plus facilement les induire en erreur.

Aussi, il faut rappeler que depuis plusieurs années, on organise de plus en plus de cours et de conférences d’éducation aux médias dans les écoles pour informer et préparer les jeunes. Or, les personnes plus âgées n’ont jamais reçu de tels enseignements. En fait, selon plusieurs professionnels (conférenciers, professeurs et spécialistes de l’information et de la communication), les jeunes sont bien plus critiques qu’on ne le pense lorsqu’ils se baladent sur la toile infinie d’internet. Ils ont l’habitude de cet environnement et savent donc remarquer plus facilement quand quelque chose cloche: une url étrange, date de publication d’article ou vidéo. Aussi, les jeunes ont l’habitude de combiner plusieurs sources: télévision, radio et bien sûr les réseaux sociaux. Leur esprit critique en ressort automatiquement renforcé.

Toutefois, les trois chercheurs de l’étude précise qu’il faut désormais réaliser des études plus précises et les faire dans d’autres pays pour découvrir si les tendances sont identiques qu’aux États-Unis.

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