Selon une double analyse de données qui a fuité, Fayulu aurait (largement) dû devenir président de la RDC

Selon une double analyse de données qui a fuité, Fayulu aurait (largement) dû devenir président de la RDC

C’est ce qu’on appelle un énorme pavé dans la marre. Avec 60% des voix, Martin Fayulu serait le gagnant incontesté des élections présidentielles en République démocratique du Congo. C’est en tout cas ce qu’il ressort d’une double analyse de données à laquelle le Finantial Times a eu accès.

Le 10 janvier dernier, Félix Tshisekedi devient provisoirement, et à la surprise générale, le nouveau président de la RDC. Avec 38% des voix, il devance Martin Fayulu (35%) et Ramazani Shadary (23%), candidat du président sortant Joseph Kabila.

Dès l’annonce des résultats, Martin Fayulu se sent grugé et il n’hésite pas à qualifier de putsch électoral la victoire de Tshisekedi, candidat de l’opposition traditionnelle (UPDS), mais qui est accusé d’avoir négocié un arrangement avec le président sortant et ses 17 ans de règne.

Cette suspicion a été renforcée par les déclarations de la Cenco, la Conférence épiscopale nationale du Congo, instance portée par l’Église catholique et censée contrebalancer la Céni, la commission électorale nationale décrite comme aux mains du pouvoir. Elle déclarait connaître le candidat gagnant plusieurs jours avant les résultats sur base de ses propres données.

60%

On est toujours dans le flou le plus total: ces deux ensembles de données sont tombés entre les mains du Financial Times. Il en ressort que Felix Tshisekedi n’aurait obtenu que 20% des voix. Fayulu est lui porté par 59,4% des voix selon la Céni et 62,8% des voix selon la Cenco.

Cette annonce pourrait faire grimper les tensions dans le 2e plus grand pays d’Afrique, mais aussi l’un des plus pauvres. Fayulu, pour sa part, a posé un recourt devant la Cour constitutionnelle pour faire annuler les résultats. Instance qui est accusée elle aussi d’être aux mains du pouvoir.

EPA

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