Sans surprise, Trump a encore réclamé des fonds pour son mur lors de son premier discours à la nation

Sans surprise, Trump a encore réclamé des fonds pour son mur lors de son premier discours à la nation

Trump a donné son premier discours de l’année 2019 mardi soir. Depuis le bureau ovale, à Washington, le président américain a dénoncé “une crise humanitaire et sécuritaire” à la frontière mexicaine. Il a réclamé 5,7 milliards de dollars (4,9 milliards d’euros) pour construire son mur. “Il a choisi la peur plutôt que les faits”, a répondu la démocrate Nancy Pelosi 

“Mes chers américains”, a commencé Donald Trump depuis le bureau ovale, à Washington. “Ce soir, je m’adresse à vous car il y a une crise humanitaire et sécuritaire qui prend de l’ampleur à la frontière mexicaine.”

Pour sa première allocution télévisée, le Président américain n’a pas choisi d’annoncer un court-circuit du Congrès ou une proposition de solution à la crise qui bloque le pays depuis 18 jours (le shutdown). Il a préféré, ce mardi 8 janvier, résoudre ses conflits personnels en tapant sur les démocrates, le parti de l’opposition.

La faute aux démocrates

Si le pays est à l’arrêt, c’est uniquement de la faute des démocrates qui “refusent de financer la sécurité aux frontières”, a-t-il asséné. “A la demande des démocrates”, il sera construit “une barrière en acier plutôt qu’un mur en béton”. Pour le faire, il réclame 5,7 milliards de dollars (4,97 milliards d’euros).

Le 45ème président américain a une fois de plus insisté sur le caractère d’urgence de la construction de ce mur. Des milliers de Mexicains tentent d’entrer sur le territoire, a-t-il ajouté. Mais “nous n’avons pas d’espace pour les accueillir. (…) Notre frontière sud est la porte d’entrée de vastes quantités de drogue, dont méthamphétamine, héroïne, cocaïne et fentanyl.” Selon lui, 90% de l’héroïne présente aux États-Unis viendrait du Mexique.

Le républicain a évoqué le cas de citoyens américains “sauvagement assassinés de sang-froid” par des immigrants sans papiers. “Combien de sang américain en plus sera versé avant que le Congrès ne fasse son travail?”, a-t-il demandé durant ce discours retransmis sur toutes les chaînes de télévisions américaines.

Réaction immédiate de Pelosi

La réaction des Démocrates ne s’est pas faite attendre. Une heure après le discours du président à la nation, la cheffe des démocrates a envoyé sa réponse. Aux côtés du sénateur Chuck Summer, elle a accusé le président américain de répandre de fausses informations. “Il a choisi la peur plutôt que les faits.”

“Le fait est que les femmes et les enfants à la frontière ne constituent pas une menace pour la sécurité, mais un défi humanitaire”, a poursuivi Nancy Pelosi.

La représentante californienne du Congrès a ajouté: “Et le fait est que le président Trump doit cesser de tenir en otage le peuple américain, cesser de créer une crise et rouvrir le gouvernement”.

Schumer a accusé M. Trump d’essayer de gouverner grâce à la peur et la colère. “Le président Trump a fait appel à la peur, pas aux faits. La division, pas l’unité”, a déclaré le sénateur de New York.

Le discours de Trump a donc jeté de l’huile sur le feu de la discorde. Le bras de fer qui bloque les administrations américaines depuis 18 jours ne semble pas prêt d’avoir son vainqueur, démocrates autant que républicains s’acharnant à camper sur leurs positions.

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