Richard Miller (MR) critiqué par Ecolo pour avoir aidé des réfugiés à entrer en Belgique

Richard Miller (MR) critiqué par Ecolo pour avoir aidé des réfugiés à entrer en Belgique

Richard Miller (MR) a personnellement pris l’initiative d’intervenir en faveur de sept réfugiés. Le Montois a utilisé ses bonnes relations au sein du cabinet de Theo Francken pour faciliter la venue de Syriaques orthodoxes. Une manœuvre humanitaire qui étonne Zakia Khattabi (Ecolo) pour son côté arbitraire.

Depuis quelques jours, tous les regards sont tournés vers la N-VA et Theo Francken. L’ancien secrétaire d’État à l’Asile et aux Migrations est éclaboussé par un « trafic d’êtres humains ». Un proche conseiller à qui il avait donné toute sa confiance, Melikan Kucam (N-VA), monnayait les visas humanitaires qu’il octroyait aux réfugiés syriens et irakiens et en profitait pour s’en mettre plein les poches.

Ce mardi, La Libre révèle que les nationalistes flamands n’ont pas été les seuls à profiter de leur influence pour intervenir dans la délivrance de visas humanitaires. C’est le cas de Richard Miller (MR). La différence est que le Montois l’a fait dans un but humanitaire et non financier. L’élu MR a profité de ses bonnes relations avec le cabinet Francken et le cabinet de Didier Reynders (Affaires étrangères) pour faciliter la venue de Syriaques orthodoxes. Sur les sept pour lesquels il est intervenu, cinq ont obtenu l’autorisation de s’installer en Belgique.

Motivé par sa fille, critiqué par Ecolo

Miller a fait usage de son influence après avoir été sensibilisé par sa fille. « Elle connaissait un membre de leur famille qui vivait déjà en Belgique où il gagnait sa vie. Ces personnes ont eu de la chance de pouvoir passer par moi, c’est exact. Le système d’attribution des visas humanitaires manque de transparence », explique le Montois à La Libre.

Toujours est-il que ce choix d’aider certains plutôt que d’autres lui vaut quelques critiques, notamment de la part de Zakia Khattabi. La co-présidente d’Ecolo dénonce un choix « arbitraire le plus absolu » et des « interventions [qui] se sont révélées payantes ». D’autres, sur les réseaux sociaux, parlent carrément de « clientélisme », de « charité privée » et de « trafic d’influence ».

La réponse de Miller a Khattabi n’a pas tardé: « Merci d’avoir utilisé le mot « payantes » ! Pas très correct. Pour le reste ce n’est pas moi qui ai inventé cette procédure, mais je ne regrette pas de l’avoir utilisée pour aider une famille avec une petite fille. Et vous? Qu’avez-vous fait pendant que les gens crevaient à Alep? »

Intervention de Charles Michel

Richard Miller semble particulièrement touché par cette histoire de visas humanitaires. En témoigne sa réaction vendredi soir sur Twitter: « Abuser de la misère des plus faibles est un crime contre l’humanité ».

Le libéral réagissait ainsi à l’intervention de Charles Michel en séance plénière à La Chambre. « Si [les trafics de visas humanitaires] sont avérés, ils sont graves et choquants », a affirmé le Premier ministre vendredi. Avant d’ajouter que ces faits « sont graves et choquants parce qu’ils exploitent les plus fragiles, les plus faibles. »

Pour Charles Michel, « le visa humanitaire est une technique qui peut être utilisée et l’est d’ailleurs, par exemple dans l’hypothèse de réinstallation, lorsque nous travaillons avec des agences qui dépendent directement des Nations Unies ». Le député libéral, qui assume totalement avoir usé de son influence pour aider des réfugiés à s’installer en Belgique, a estimé que le discours du Premier ministre était une « excellente intervention ».

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