Renzi perd le référendum en Italie et démissionne, sale temps pour l’Europe 

Renzi perd le référendum en Italie et démissionne, sale temps pour l’Europe 

Le Premier ministre italien a perdu un référendum au sujet de la Constitution italienne, et bien perdu. Il a donc annoncé en refoulant ses larmes qu’il démissionnait. La journée s’annonce pleine de suspense: que va-t-il advenir du gouvernement italien? des banques, déjà largement sous pression? du projet européen? Car le “non” italien est aussi un non au projet européen.

Renzi, le Premier ministre italien, avait lié son avenir politique à ce référendum. Celui-ci portait sur des changements dans la Constitution italienne qui auraient donné plus de pouvoir au gouvernement central. Et certainement 60% des Italiens n’en veulent pas, de ces changements. C’est ce qui ressort des sondages menés à la sortie des bureaux de vote hier tard dans la soirée. Le turnout était de 67%, ce qui est élevé pour les standards italiens.

Le Premier ministre a tenu parole: devant la victoire du “non”

Ce n’est pas seulement Renzi qui a perdu: l’Europe aussi

Le référendum portait sur des changements internes à la Constitution italienne. Cependant, les Italiens, en s’opposant à ces changements proposés par Renzi, se sont aussi opposés à la politique pro-Union européenne de leur Premier ministre.

Comme lors du référendum sur le Brexit avec Cameron, un homme politique, ici Renzi, a lié son avenir à l’issue du vote. Et comme lors du référendum britannique, les électeurs se sont distanciés du projet européen… qui prend l’eau du coup.

Le cours de l’euro a d’ailleurs dégringolé dès que les résultats ont commencé à être connus. La monnaie valait début novembre encore 1,12 dollars. Elle vaut maintenant moins de 1,06.

L’instabilité politique suite à la chute du gouvernement italien est aussi une menace pour l’économie européenne. Du moins, c’est à craindre.

Le discours de Renzi

Peu après minuit, le Premier ministre italien a tenu un discours. Il y a admis prendre “l’entière responsabilité de la défaite”. Et il a donc reconnu aussi la défaite comme “exceptionnellement évidente”.

“Nous avons donné aux Italiens une chance de changement mais nous ne l’avons pas atteinte” a-t-il continué, depuis le Palazzo Chigi, où le gouvernement siège à Rome. “L’expérience de mon gouvernement se termine ici.”

Le social-démocrate était Premier ministre depuis février 2014.

Et maintenant?

La journée s’annonce palpitante. Renzi doit aller remettre sa démission au président, Sergio Mattarella. Et celui-ci va décider de la suite des événements. Peut-être va-t-il lui demander de rester jusqu’à ce que le parlement vote le budget, le mois prochain. Peut-être y aura-t-il des élections anticipées au début de l’an prochain. Ou peut-être y aura-t-il un cabinet en affaires courantes jusqu’aux prochaines élections prévues initialement pour 2018.

Le Mouvement 5 étoiles, du comique Beppe Grillo, a déjà dit qu’il était prêt à gouverner. Ce mouvement plutôt populiste et eurosceptique avait soutenu le “non” au référendum.

Outre l’instabilité politique, l’économie est aussi un sujet d’inquiétude: la troisième plus grande banque d’Italie a besoin de 5 milliards d’euros pour se recapitaliser. Les investisseurs vont-ils se retirer après le “non” italien? La pression va grandir, autour du projet européen et des marchés financiers.

epa

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