“Rendez-vous dans la rue”: le show Greta Thunberg a débuté aux Etats-Unis

epa

Visite d’écoles, rencontre avec Barack Obama, discours devant un groupe de travail du congrès, Greta Thunberg a dix jours pour marquer les esprits outre-Atlantique.

C’est la rentrée, mais Greta Thunberg, 16 ans, n’est pas à l’école. Elle poursuivra son combat pour lutter contre le dérèglement climatique, aussi longtemps qu’il le faudra. Sensibiliser, convaincre, manifester, le programme de la jeune Suédoise est chargé. Avec en point d’orgue le défilé géant prévu à New York le 20 septembre, alors que les dirigeants du monde doivent participer au sommet pour le climat dans le cadre de l’Assemblée générale des Nations unies.

Son tour de l’Amérique, qu’elle a rejoint – non sans polémiques – par voilier a débuté. Premier round: une visite à la George Washington University. Celle qui est la figure de proue des mouvements de grève Fridays For Future a pu y constater sa notoriété.

Greta Thunberg s’est montrée plutôt positive devant les étudiants, laissant de côté sa casquette de donneuse de leçons. “L’activisme marche”, constate-t-elle. “Je pense qu’on fait face à un réveil. Même si cela reste lent, la mobilisation est en train de prendre et le débat change.” La raison? Entre autres “l’activisme sans relâche. Et spécifiquement les jeunes activistes.”

“Donc ce que j’essaye de vous dire maintenant est d’agir”, enchaîne-t-elle. “Parce que personne n’est trop petit pour faire la différence (…). Rendez-vous dans la rue !”, clôture-t-elle dans le bruit nourri des applaudissements.

Plus tard, s’adressant au Congrès, Greta Thunberg s’est montrée plus corrosive: “Gardez vos louanges, nous n’en voulons pas. Si vous souhaitez des conseils sur ce que vous devez faire, invitez des scientifiques et demandez-leur leur expertise. Nous ne voulons pas être entendus. Nous voulons que la science soit entendue.”

Mais Greta Thunberg se sait critiquée dans sa manière de faire. Elle doit convaincre et non crisper les débats: “Je sais que vous essayez, mais pas assez fort. Pardon (…). Nous avons besoin de vote leadership.”

“Toi et moi, on forme une équipe”

Plus tôt cette semaine, Greta Thunberg a aussi rencontré le président Obama, visiblement charmé par la détermination de la jeune fille. “Toi et moi, on forme une équipe”, sourit l’ancien président démocrate qui ponctue la discussion par un check, poing contre poing. Barack Obama a salué “l’une des plus grandes défenseuses de notre planète”, une personne “qui n’a pas peur de faire pression pour une action concrète”, car “sa génération sera la plus durement touchée”.

Mais concrètement, aux États-Unis, le débat climatique se divise en deux. Démocrates et républicains s’opposent sur le sujet. Les premiers ont proposé un Green New Deal, faisant référence au plan de relance de Franklin Roosevelt après la Grande Dépression de 1929. Il s’agit d’une résolution ambitieuse de 14 pages qui appelle “à une mobilisation nationale de 10 ans”. Moquée par les républicains, cette résolution n’a pas encore vu le jour. Le Sénat et la Maison-Blanche appartiennent au camp de Donald Trump. Si bien que beaucoup d’observateurs voient dans l’élection présidentielle de 2020 une étape cruciale pour la lutte contre le réchauffement climatique.

Pour rappel, pour limiter le réchauffement climatique en dessous des 1,5°C, il faudrait réduire nos émissions de carbone de 46% d’ici 2030 et atteindre le zéro carbone d’ici 2050.

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