Quelques conseils pour faire reculer le jour du dépassement

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Il est là, toujours plus tôt: le jour du dépassement, qui marque la fin des réserves de la planète pour l’année, c’est le 29 juillet. Comment pouvons-nous tenter de faire reculer la date? On essaie de répondre à la question dans cet article.

Chaque année, une date fatidique pour l’avenir de la planète marque le début de la vie à crédit de la Terre. Le jour du dépassement signe la fin des réserves de la planète pour l’année. On a aujourd’hui consommé plus que ce que la notre hôte pouvait nous offrir.

Cette date arrive de plus en plus tôt. L’année dernière, c’était le 1er aout, mais en 1970, c’était le 29 décembre. En l’espace de presque 50 ans, notre consommation a explosé, et avec elle le compteur de la planète.

6 avril pour la Belgique

On aurait bien besoin de l’une ou l’autre planète supplémentaire. Ou d’un comportement plus écoresponsable. Si le monde entier vivait comme la Belgique, le jour du dépassement débarquerait le 6 avril. Idem pour la Finlande et l’Arabie Saoudite.

Dans le top des plus gros consommateurs, on retrouve en pôle position le Qatar, dont la fin des ressources surviendrait le 11 février, très proche du Luxembourg, le 16 février. Le pays où l’empreinte carbone par habitant est la plus faible, c’est l’Indonésie, qui aurait épuisé ses ressources au 18 décembre.

Quelques recommandations

Il existe pourtant des solutions, des recommandations. Si en Equateur, les ressources sont épuisées le 14 décembre, c’est “parce qu’on a des politiques alimentaires et énergétiques basées sur du renouvelable et un régime peu carné”, comme l’a expliqué Arnaud Gauffier, co-directeur des programmes de WWF France à Brut. “Ils ont banni les pesticides, la déforestation a été freinée de manière drastique.”

Un exemple à suivre, donc. Sur le site de Overshoot Day, la liste des recommandations s’étire. Sans grande surprise, on recommande par exemple aux êtres humains d’adopter un mode de vie végane, végétalien ou végétarien.

C’est sans doute l’une des méthodes les plus efficaces pour réduire la consommation de matières premières: “cela prend 14 fois plus de terres productrices pour produire 900 kilos de boeuf que pour produire 900 kilos de grains (…). Le bétail à l’international est responsable de 9% de toutes les émissions carbones anthropiques (dû à la présence d’êtres humains, ndlr)”, argumente le site.

Parmi les autres recommandations, on compte les suivantes:

  • Eviter de se reproduire: une campagne a d’ailleurs été lancée, nommée Condoms for Endangered Species.
  • Privilégier le covoiturage, le vélo ou les transports publics pour les déplacements réguliers: les voitures sont responsables de 19,7% de l’empreinte carbone mondiale.
  • Utiliser une garde-robe capsule, avec peu de pièces, et acheter en seconde main: les vêtements sont responsables de 3% de l’empreinte carbone mondiale.
  • Interpeller les politiciens au niveau local pour créer des villes durables
  • Participer à la renaissance de la nature en plantant un arbre, créant un potager comestible, ou devenir bénévole dans une association de conservation.
  • Combattre le gaspillage: un tiers de la nourriture produite chaque jour est perdue
  • Voyager de manière éco-responsable: petits hôtels ou loger chez l’habitant, éviter l’avion et la voiture, cuisiner en vacances avec des produits locaux et bios.

D’autres conseils sont listés via l’ecological footprint Calculator, qui invite à calculer quel est son jour de dépassement personnel. À la fin du test, on est redirigé vers un site appelé #MoveTheDate Solutions, qui propose aux internautes de participer au débat. Les solutions sont répertoriées géographiquement, et le site propose des lieux de permaculture, de nature et qui donnent l’occasion de réduire son empreinte carbone.

Des recommandations qu’on connait depuis longtemps

Ces recommandations, cependant, cela fait longtemps que des militants écologistes les répètent. Elles commencent peu à peu à être de plus en plus admises. En 2017, 44% des belges avaient réduit leur consommation de viande par exemple. Mais la transition vers un mode de vie plus écoresponsable ne suffit pas à endiguer la date du dépassement, toujours plus rapide à arriver depuis presque 50 ans.

Depuis 1970, les conseils pour “sauver la planète” sont répétés. Si certains ont reçu plus de visibilité que d’autres ces dernières années, ce sont toujours les mêmes: économiser l’électricité, éviter l’essence, trier ses déchets… Mais rien n’y fait, la date se rapproche.

Aujourd’hui, on vit un changement dans la lutte écologique: des mouvements citoyens, nourris de personnalités fortes, émergentes ou confirmées, essaient d’interpeller les autorités internationales, ou leur pays pour créer des changements à une échelle mondiale. #OnEstPrets, #JpeuxPasJaiClimat…

Prendre part à ces actions, tout en menant un mode de vie écoresponsable, pourrait être le combo gagnant du sauvetage de la planète. On se reverrra sans doute l’année prochaine, de préférence après le 29 juillet, pour voir si, oui ou non, la date a bougé.

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