Quel futur pour Matteo Salvini (LN) après avoir provoqué la dissolution du gouvernement Italien?

(Photo by Marco Cantile/LightRocket via Getty Images)

Matteo Salvini a fait voler en éclat sa coalition, dans l’espoir d’élections anticipées en automne de cette année. À raison?

Une crise a pris possession de la politique italienne. Une crise qui avait débuté bien avant mais qui a pris un tournant le 8 août dernier, jour où Matteo Salvini (LN), ministre de l’Intérieur et secrétaire général de la Ligue du Nord, parti souverainiste, populiste et identitaire, a déclaré l’éclatement de la coalition formée jusqu’ici au sein du gouvernement italien.

Avec le Mouvement Cinq Etoiles (M5S) et la Ligue du Nord, qui ont comme figure de lien plus que de proue le président du conseil des ministres Giuseppe Conte, un inconnu de la scène politique jusqu’à sa nomination par le président Sergio Mattarella, l’alliance était fragile. Proche du Mouvement Cinq Etoiles, Conte a finalement démissionné de ses fonctions ce lundi 20 août.

À partir de maintenant, tout s’enchaîne: Matteo Salvini (LN) n’a pas choisi inocemment la date à laquelle il a fait voler la coalition qui agissait depuis maintenant quatorze mois. Celui qui est pourtant anti européen s’était félicité des sa position de premier parti d’Italie aux élections européennes. Il avait en effet récolté 34,3% des voix, contre seulement 17% des voix au M5S.

Une position de force encouragée par des sondages où les intentions de vote le donnait gagnant avec 35 à 40% des suffrages. Le but final de Salvini: organiser des élections d’automne en octobre, avec l’envie de se retrouver seul à diriger le gouvernement. Sans le M5S, parti populiste et avec lequel il ne vivait que désaccords.

Une mauvaise stratégie?

Mais pourtant, ses ambitions pourraient bien ne pas se réaliser. Premièrement, il est pointé du doigt par la scène internationale et nationale comme la cause de l’instabilité italienne actuelle, ce qui ne le montre pas sous son meilleur jour (surtout si la crise se prolonge et qu’aucun gouvernement ne se forme).

Ensuite, la fin du gouvernement de Giuseppe Conte a pris plus de temps que prévu. Le vent a bien pu tourner entretemps pour Salvini. Enfin, un gouvernement sans lui est une option bien plus plaisante pour tous ceux qui ont en charge d’organiser la suite des activités. Matteo Renzi (PD), ex-premier ministre, a ainsi déclaré à l’Echo: “Jamais en 73 années d’histoire républicaine, les électeurs italiens n’ont été appelés à se rendre aux urnes dans la période, extrêmement délicate, de l’élaboration du projet de loi des finances!”

Celui qui a toutes les cartes en main, c’est Sergio Mattarella, actuel président italien. L’idée la plus populaire auprès de tous (sauf Matteo Salvini), c’est une nouvelle coalition.

Deux coalitions citées

Différents scénarios possibles: soit on se lance dans une “Ursula”, du nom d’Ursula von der Leyen et ses différents soutiens en Italie: un gouvernement pro-européen composé de la Forza Italia de Silvio Berlusconi, le M5S, et le Parti Démocrate (PD). Une alliance gauche-droite proposée par Romano Prodi (PD) que beaucoup considèreraient comme bancale.

L’autre possibilité, c’est un gouvernement “institutionnel”, alliant le PD et le M5S. Une proposition surprenante, étant donné qu’ils ne s’entendaient pas vraiment jusque-là, mais c’est Matteo Renzi (PD) qui l’a proposée.

L’Europe, en prime, craint une prise de pouvoir trop forte de la part de Matteo Salvini. Il a lui même déclaré vouloir les “pleins pouvoirs” pour ainsi défier l’Europe. Autant dire qu’on ne va pas trop le soutenir du côté des gouvernements pro-européens ou à Bruxelles.

Qui a peur des élections?

Sur son compte Twitter, Matteo Salvini poste des déclarations à un rythme effréné. Le 19 août, il postait une vidéo en lançant, comme un défi: “Qui a peur des élections?” Peut-être aurait-il pu penser que quelque part, les élections n’auraient même jamais lieu. Tout comme il pourrait bien, au final, se retrouver dans l’opposition pendant les 4 années à venir. Mais rien n’est fixé, et on sait en Belgique combien de temps peut prendre la formation d’un gouvernement.

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