Pour lutter contre les fake-news de Facebook, Zuckerberg compte sur… la participation citoyenne

Pour lutter contre les fake-news de Facebook, Zuckerberg compte sur… la participation citoyenne

Deux boîtes américaines de fact-checking vont cesser de travailler avec Facebook. Le CEO de l’entreprise Marc Zuckerberg a annoncé qu’il comptait sur la participation citoyenne pour faire le travail de ses anciens collaborateurs. Pour ces derniers, c’est irresponsable.

“Il n’a rien compris”, indique-t-on chez Snopes. Cette boîte travaillait à débunker les mythes, rumeurs et fausses informations qui pullulaient sur Facebook. Mais l’entreprise de Marc Zuckerberg a décidé récemment de ne plus travailler avec eux, ni peut-être avec American Press (AP). Le géant des réseaux sociaux préfère créer un système où certaines personnes seraient “certifiées”, en quelque sorte.

Zuckerberg veut lutter contre les fake-news avec le crowdsourcing. Il compte faire vérifier les informations qui circulent sur sa plateforme gratuitement par ses utilisateurs. “Je pense que la vraie chose à laquelle nous voulons essayer d’arriver progressivement est plutôt un modèle de “crowdsourcing” où les gens ne font pas confiance à certains types d’experts, certains experts de base accrédités, mais fonctionne grâce à une sorte d’institution supérieure”, a expliqué le CEO de Facebook au journal The Guardian.

Système de points

On sent derrière le discours alambiqué de Zuckie une tentative de mettre en place un système où chacun serait jugé selon sa pertinence et son nombre de points. Son nombre de points lui serait accordé par les autres utilisateurs. Sa légitimité en tant que diffuseur d’informations véridiques serait renforcée par le crédit que les autres utilisateurs lui auraient donné.

“C’est comme faire confiance”, poursuit le multimilliardaire. “Par exemple, si vous obtenez suffisamment de points de données de la communauté de personnes qui examinent raisonnablement quelque chose et l’évaluent au fil du temps, la question est: pouvez-vous combiner cela en un signal suffisamment puissant pour que nous puissions ensuite l’utiliser?”

“Ça ne se fait pas”

Chez Snopes qui, comme Check-News de Libération et Les décodeurs du Monde en France, travaillaient à débunker les mythes qui foisonnent sur Facebook, on voit ce projet “zuckerbergien” d’un très mauvais oeil.

“Vous ne pouvez pas appliquer un modèle open-source à la vérification des faits et au journalisme”, se désole Brooke Binkowski, ancien rédacteur en chef de Snopes. “Vous devez avoir des experts. Joe Schmo ne peut pas simplement penser que le New York Times est un chiffon libéral, simplement parce que Trump affirme qu’il est l’ennemi du peuple.”

Il a été annoncé au début du mois de février qu’American Press ne travaillerait plus avec Facebook. Il semblerait toutefois que la rupture ne soit pas effective pour le moment. “AP est en pourparlers avec Facebook et nous espérons bien faire le travail de vérification des faits pour Facebook en 2019”, a déclaré un porte-parole d’AP au site TechCrunch.

Le trentenaire à la tête de l’empire Facebook semble décidé. Il ne s’agit pas, selon lui, de bouleverser les usages de la plateforme, mais simplement de suivre le plan qui avait été prévu pour le réseau social. Rappelons que Facebook travaille encore avec d’autres organismes de fact-checking, dont l’AFP, FactCheck, CheckNews, Les Décodeurs, PolitiFact…

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