Polémique à Disney World: en fait, ce n’est pas un mais deux alligators qui s’en sont pris au petit

Polémique à Disney World: en fait, ce n’est pas un mais deux alligators qui s’en sont pris au petit

La polémique se poursuit en Floride entre les protecteurs des alligators et ceux qui s’en méfient. Le père de l’enfant happé à Disney World affirme que son fils a été attaqué non pas par un mais par deux reptiles. Faut dire qu’ils pullulent dans la région, ce qui cause de réels problèmes de cohabitation.

Rappelez-vous, il y a deux semaines la mort du jeune Lane Graves, 2 ans, avait défrayé la chronique. Happé par un alligator sur la berge d’un lac du parc d’attraction, son corps avait été retrouvé intact le lendemain. Du coup, la mort de 5 autres alligators pour effectuer les recherches est plutôt mal passée auprès du public et auprès de la PETA, l’association de défense des animaux.

Mais dans un échange de mails entre le Capitaine Tom Wellons, qui a relayé le récit du père, et ses superviseurs, on apprend que le père a été attaqué “par un deuxième alligator” en voulant porter secours à son petit garçon, happé par le premier. Une information relayée par le journal Orlando Sentinel.

Au-delà de ce terrible fait divers, c’est la cohabitation entre l’animal et l’homme qui est mise en cause.

Les accidents se multiplient

Pourtant emblématiques dans la région, il semble il y avoir un souci entre les alligators et la Floride. Les accidents se multiplient et le ton monte entre leurs protecteurs et ceux qui s’en méfient.

Une dizaine de jours avant ce drame, un alligator a été aperçu nageant à Lakeland, dans le centre de la Floride, avec un corps humain entre les dents. Un incident similaire avait été signalé peu avant à Fort Lauderdale, à environ 300 kilomètres de là. La semaine dernière, un homme a aussi été mordu à une jambe et, en mai, un alligator s’est emparé du bras d’un homme qui tentait d’échapper à la police.

Bref, les accidents sont en hausse mais il convient de rester prudent sur l’explication de cette soudaine agressivité. Pour Ron Magill, porte-parole du zoo de Miami et expert en comportement animal, les humains et les alligators partagent le même territoire comme jamais auparavant. “Il y a davantage d’alligators et davantage d’humains”, ce qui augmente de fait le risque d’accidents. De plus, “les humains construisent toujours plus loin dans l’habitat des alligators”, ajoute Ron Magill.

1,3 millions d’alligators

Les alligators sont une espèce protégée en Floride. Alors qu’ils étaient menacés d’extinction dans les années 70, ils sont maintenant 1,3 millions. La cohabitation n’est donc pas toujours simple: “les alligators apprennent à s’adapter et se rendent dans les zones résidentielles si celles-ci ont un lac, un lac artificiel ou un canal”, explique encore M. Magill. Ils se faufilent aussi dans les système de drainage et dans les canalisations. Et souvent les ouvriers communaux sont contraints d’en extraire un.

Les périodes les plus risquées sont entre avril et juin. Mais d’ordinaire, un alligator n’attaque jamais spontanément un être humain. Les incidents ne sont d’ailleurs pas si fréquents sur une plus grande échelle. Depuis 1948, soit en 68 ans, seulement 22 personnes sont décédés des suites d’une morsure d’alligator, explique les services de pêche et de protection de la faune de Floride.

Et contre les enfants, ce type d’incident survient encore plus rarement. “L’alligator a une crainte naturelle des humains, c’est pour cela que la première chose à savoir est qu’il ne faut pas les alimenter”, selon Jeremy Possman, gérant de l’Everglades Alligator Farm. C’est en effet le meilleur moyen pour mettre une distance entre le reptile et l’homme.

Sources: Reuters, AFP

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