Pendant ce temps, Trump met la pression pour rendre exploitable près de 40.000 km² de forêts en Alaska

epa

Dans la plus grande des discrétions, Donald Trump a chargé son secrétaire d’État à l’Agriculture de soustraire près de la moitié de la forêt nationale de Tongass aux règles restrictives mises en place il y a 20 ans. Un autre trésor de l’humanité en danger.

La forêt nationale de Tongass, située en Alaska, s’étend sur 69.000 km² (6,9 millions d’hectares). Ce qui en fait la plus grande forêt des États-Unis. De par les pluies abondantes qui s’y déversent, la forêt possède un écosystème exceptionnel qui contient plus de biomasses que n’importe quelle forêt tropicale.

Non seulement la forêt de Tongass est la plus importante réserve de grands arbres des États-Unis, mais elle représente aussi près d’un tiers des forêts pluviales tempérées qui subsistent à l’état primaire. Un trésor mondial, tout comme l’Amazonie.

Mais quand les regards se tournent vers le président brésilien Bolsonaro, Trump se la joue discret. Il vient de demander à son secrétaire d’État à l’Agriculture d’examiner l’exploitation de cette forêt, rapporte le Washington Post. Ce qui à terme pourrait mener à la déforestation ainsi qu’à l’extraction de ressources sur plus de la moitié de son territoire.

Une forêt protégée dès 2001

Pourtant en 2001, le président Bill Clinton a interdit l’exploitation forestière de cette zone. Il est depuis impossible d’y construire même une route. Le président Bush a tenté par la suite d’inverser cette politique en vendant des parties de cette forêt à la meilleure offre. Mais un juge fédéral a rétabli la règle de Clinton, précise encore le Washington Post.

En 2016, l’agence qui chapeaute les forêts aux États-Unis avait mis en place un plan pour éliminer progressivement les exploitations forestières les plus anciennes dans les dix ans. Dans la foulée, le Congrès a également désigné la forêt de Tongass comme zone sauvage, qui doit rester inexploitée en toute circonstance. Si le plan de Trump passe, ce sont près de 4 millions d’hectares qui sont potentiellement menacés.

Pressions locales

Outre les ressources qu’elle abrite, la forêt est aussi un frein pour l’économie locale. En fait, la demande d’exploitation de la Tongass vient principalement des autorités alaskiennes. Notamment par rapport à l’interdiction de construction de routes, cela freine son activité. Les autorités dont le gouverneur Mike Dunleavy demandent plus de souplesse.

Avec Trump, les autorités ont trouvé un puissant allié pour contrer les restrictions fédérales. Le président américain pourra lui se consoler après le refus du Danemark de lui céder le Groenland.

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