Pendant ce temps, la Bolivie est elle aussi victime des flammes en Amazonie

(Photo by MARCELO PEREZ DEL CARPIO/Anadolu Agency via Getty Images)

Le Brésil n’est pas tout seul: le feu ne s’arrête pas encore aux frontières. L’un des dirigeants limitrophes au Brésil, la Bolivie, est pointé du doigt par les ONGs et les indigènes. Evo Morales, dirigeant socialiste, aurait-il plus de points communs avec Bolsonaro que ce qu’on pense?

En Amérique du Sud, Bolsonaro n’est pas le seul dirigeant à être critiqué par ses compatriotes alors que les incendies en Amazonie ont du mal à être stoppés. Dès les premiers feux de forêt, des Boliviens attiraient l’attention sur le manque de considération que leur propre président portait au changement climatique.

Evo Morales, bonne com’ maislois discutables

Il s’appelle Evo Morales, et le Rio Times l’appelle le “pire incendiaire de forêt”. Pour le journal, la situation en Bolivie est bien pire qu’au Brésil, depuis que ce 9 juillet dernier, Morales a autorisé la technique du chaqueo, semblable à celle du brûlis utilisée au Brésil.

C’est cette pratique qui est pointée du doigt par les ONG présentes, elles qui déclarent aussi que cette pratique est encouragée par le gouvernement. En guise de rachat et face aux accusations, Evo Morales a stoppé sa campagne et a accepté l’argent que le G7 lui a alloué pour combattre la déforestation. Il a aussi décrété un break pour l’achat et les ventes de terres dans les zones affectées, afin que les terres brûlées ne soient utilisées ni pour l’élevage, ni pour la culture le temps de trouver une solution aux incendies.

Retournement de veste

Mais ces efforts sont loin de satisfaire la presse internationale, les ONGs et les indigènes. Si effectivement, sa réaction surtout au niveau médiatique a été bonne (il a été jusqu’à se rendre en tenue de pompier sur les lieux des incendies et louer un Boeing pour larguer de l’eau), les associations écologistes continuent de rappeler que ses mesures encourageant la déforestation remontent jusqu’à 2016.

Cette année-là, une loi était passée autorisant l’élargissement du déboisement de 5 à 20 hectares. Comme on te l’expliquait dans un article précédent (que tu peux retrouver ci-dessous) la déforestation encourage les feux de forêt.

Dans des propos recueillis par la BBC, Jhanisse Daza, activiste environnementale, déclarait ainsi : “Il faut comprendre que l’utilisation de feux contrôlés au mois d’août, en pleine saison sèche, n’est pas seulement de la négligence. Je pense qu’ils savaient ce qu’ils faisaient”. Toute cette stratégie de la part de Morales sonne comme un retournement de veste aux oreilles des militants.

Pour Alex Villca, chef indigène de la région amazonienne, Morales doit être, lui aussi, tenu responsable de ses actions. Même si 2.000 pompiers ont été déployés, le mal est fait: il faudra du temps à la forêt amazonienne bolivienne et à ses habitants pour se relever.

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