Oubliez Didier Reynders, le grand poste international pourrait revenir à… Charles Michel

Oubliez Didier Reynders, le grand poste international pourrait revenir à… Charles Michel

Au MR, les mois à venir s’annoncent extrêmement intenses. Notamment au niveau de la carrière internationale de ses leaders. Si l’on connaît déjà les intentions de Diders Reynders (MR) qui postule pour devenir le boss du Conseil de l’Europe, Charles Michel (MR) possède en fait les meilleures cartes sur le plan international.

“La Belgique est du bon côté de l’histoire”. Cette phrase, prononcée à l’occasion du fameux discours du Pacte de Marrakech, garde toute son importance. Car il s’agit d’une attaque directe contre la N-VA, par conséquent, du “mauvais côté de l’histoire”. Depuis, Bart De Wever a exprimé à maintes reprises son agacement.

Au niveau international, ce discours n’est pas non plus passé inaperçu. Car un Premier ministre capable de sacrifier son propre gouvernement et son poste pour sauvegarder des accords internationaux et des solutions multilatérales, cela fait toujours son effet dans les cercles politiques internationaux. Si le but était de renforcer sa stature internationale et sa notoriété, Charles Michel a opté pour le bon choix à Marrakech.

Conséquence, Charles Michel a une excellente carte à jouer en vue des élections européennes. Pour comprendre pourquoi, il faut revenir au 20 novembre dernier. Lorsque la Belgique connaît les pires difficultés à entériner le Pacte des migrations de l’ONU, le Premier ministre reçoit le président français Emmanuel Macron pour une première visite d’État de la France depuis des lustres.

Le président de la République a montré tout son soutien à son homologue belge, soulignant l’importance du texte et la nécessité “d’une meilleure coopération et d’un partenariat international”. La N-VA a compris à ce moment-là que le Premier ministre ne lâcherait pas sa position, plus que jamais sûr de son fait.

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Mark Rutte et Charles Michel: le duo qui a introduit Emmanuel Macron

En parallèle, Michel et Macron ont arrangé un deal avec de lourdes conséquences sur la politique européenne. Malgré l’impopularité du président français, son parti, En Marche, reste la plus grande force du pays. Et l’intention d’Emmanuel Macron est de former une grande force européenne avec les libéraux de l’ALDE. Mark Rutte, le Premier ministre néerlandais et Charles Michel sont les grands précurseurs de cet accord.

Du coup, en mai prochain, tous les regards libéraux se tourneront vers la France. Car ils pourraient bien connaître un moment historique: obtenir assez de sièges pour renverser les socialistes et devenir le 2e groupe parlementaire le plus important après les chrétiens-démocrates.

Avec une conséquence directe pour les postes à pourvoir. La Commission doit trouver un successeur à Jean-Claude Juncker, le Conseil européen doit lui trouver un successeur à Donald Tusk, sans oublier la politique extérieure de l’UE qui doit se trouver une nouvelle Federica Mogherini.

Si les libéraux deviennent la 2ème force du Parlement européen, il devraient obtenir en principe l’un de ces trois postes clés. On pense directement au président du Conseil européen, poste occupé autrefois par Herman Van Rompuy, choisi pour son sens du compromis, comme souvent, quand un politique belge aspire à une carrière internationale.

Le Premier ministre Michel a plusieurs atouts à faire valoir. Il est une tête connue, respectée et bénéficie du soutien de son ami Macron. Tandis que sur le plan intérieur, les élections de mai prochain s’annoncent très difficiles, tout le monde s’attend à d’âpres négociations.

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Michel ou Reynders: le choix est vite fait

Bémol à ce plan parfait, la situation plus que préoccupante de la politique franco-française. Après des mois de protestation, le mouvement des Gilets jaunes ne semble pas s’affaiblir, rendant la destinée du Président français et de son mouvement imprévisible. Macron représente ce libéralisme européen déconnecté qui donne des boutons à une bonne partie de la société française.

Reste que Charles Michel dispose des meilleures cartes, comparé à son rival en interne, Didier Reynders. Lui aussi envisage une carrière internationale. Il ne faut pas oublier que 2014 a été un véritable échec pour l’actuel ministre des Affaires étrangères. Il convoitait le poste de Commissaire européen mais s’est fait subtiliser la place par Marianne Thyssen (CD&V). En contrepartie, Charles Michel a obtenu le poste de Premier ministre et est sorti gagnant du duel.

Il semble que les deux hommes soient à nouveau contraints de s’affronter en interne. Mais peu de chance que Didier Reynders bénéficie d’un lobbying intense en sa faveur. Car, entre le puissant Conseil européen et le timide Conseil de l’Europe, il n’y a clairement pas photo. Et il ne peut y en avoir, en principe, qu’un grand poste international à pourvoir.

epa

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