On le sait avec précision: la glace du Groenland fond six fois plus vite par rapport aux années 1980

On le sait avec précision: la glace du Groenland fond six fois plus vite par rapport aux années 1980

Quiconque se rend dans le grand nord depuis un certain temps en a fait la constatation: la glace perd de plus en plus de terrain. C’est le cas au Groenland, où grâce aux mesures des satellites durant des décennies, on peut maintenant quantifier l’évolution de la fonte des glaces à travers le temps. Une nouvelle étude hyper précise nous confirme le pire.

“Il vaut mieux s’asseoir sur sa chaise avant de regarder les résultats”, c’est ce qu’a déclaré à l’AFP le glaciologue français Eric Rignot, chercheur à l’Université de Californie à Irvine. Avec une équipe d’experts, il a réalisé une nouvelle étude sur la fonte des glaces au Groenland. Grâce aux relevés satellites, mais aussi à l’aide des données de stations météo et de modèles climatiques sophistiqués, ils sont arrivés à la conclusion suivante: la glace fond six fois plus vite en 2019 que dans les années 1980.

Les chercheurs ont fixé le départ de leur étude à l’année 1972, date du lancement des premiers satellites Landsat, qui ont régulièrement photographié le Groenland. Si les données n’étaient pas encore précises à ce moment-là, les scientifiques ont pu construire des modèles précis pour remonter dans le temps et reconstruire les glaciers tels qu’ils étaient dans les années 70 ou 80.

13,7 millimètres

Dans les années 70, le Groenland a gagné 47 gigatonnes de glace par an en moyenne. Il en a perdu le même volume dans les années 80. Problème, la fonte s’est poursuivie dans les années 90 avant de s’accélérer dans les années 2000 (187Gt/an) pour devenir inarrêtable dans les années 2010 (286 Gt/an).

Pire encore, les scientifiques observent cette fonte des glaces aux quatre coins du Groenland et pas seulement au sud. À eux seuls, les glaciers du Groenland seraient responsables de la montée des océans à hauteur de 13,7 millimètres. En résumé, la “fonte glaciaire de ses huit dernières années est équivalente à celle dans quatre décennies précédentes”, conclut le scientifique.

S’il fallait une preuve de plus.

epa

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