Nouvelle marche arrière: le seul endroit où l’éléphant était vraiment protégé pourrait être rouvert à la chasse

Nouvelle marche arrière: le seul endroit où l’éléphant était vraiment protégé pourrait être rouvert à la chasse

Le Botswana est l’endroit qui compte le plus d’éléphants en Afrique. Depuis 5 ans, la chasse de loisir y est interdite. Cela en fait le seul véritable havre de paix du continent pour le pachyderme. Mais une commission au sein du gouvernement veut réintroduire la chasse. Une décision finale doit être prise.

Le nombre d’éléphants dans la savane d’Afrique a été revu à la baisse suite au dernier recensement effectué il y a deux ans. Le Great Elephant Census (GEC) est un projet d’Éléphants sans frontières et de Paul Allen, le cofondateur de Microsoft. À l’aide de drones, la population d’éléphants a pu être recensée dans 18 pays africains différents. Seuls les éléphants de savane étaient comptés, pas ceux des forêts. La population totale s’élevait à 352.271 pachydermes.

Chute drastique

Pour remettre ce chiffre en perspective, leur nombre était de 20 millions avant la colonisation de l’Afrique par l’Europe. Il n’était déjà plus que 1,3 million en 1970. C’est à partir de ce moment-là que l’on a vraiment compris que l’espèce était menacée. Mais aucun recensement efficace n’avait été opéré depuis.

Entre 2007 et 2014, 15 des 18 pays qui abritent les éléphants de savane ont vu la population diminuer d’au moins 30%. À certains endroits, comme dans la réserve Selous de Tanzanie ou celle de Niassa au Mozambique, la décroissance frise les 75%. Dans la corne de l’Afrique (Éthiopie, Somalie…), il ne reste que 38 animaux recensés.

La raison principale? La chasse. Mais également la réduction de leur habitat par l’homme. En fait, le Botswana était le seul endroit du continent où les éléphants étaient réellement protégés. Une armée de soldats y a même été entraînée pour les défendre.

Agriculteurs mécontents

Mais cela n’aura finalement pas duré longtemps. 37% des éléphants profitaient du programme de protection du président sortant Khama. Mais un rapport repris par le ministre du Développement rural estime maintenant que la population d’éléphants est suffisante.

La pression est forte de la part des agriculteurs. Ils estiment que les éléphants détruisent leurs cultures. Ainsi, 3/4 de la production de maïs seraient perdus dans le nord du pays. L’installation de clôture est prévue par le gouvernement, mais le ministre a une solution nettement plus radicale: le retour de la chasse, interdite en 2014.

Quelles solutions?

Selon la WWF, le Botswana a d’autres solutions pour enrayer ces problèmes. Notamment en coopérant avec les pays voisins. La Namibie, l’Angola ou la Zambie peuvent accueillir une partie de la population. C’est pourquoi une immense zone transfrontalière doit être créée pour permettre la migration de populations d’éléphants s’il n’y a pas assez de nourriture.

Mais sa mise en place connaît des difficultés. Un problème politique principalement. Se mettre d’accord à 4 pays pour ouvrir les frontières est tout sauf une évidence en Afrique. En plus de questions pratico-pratiques, notamment par rapport au contrôle des populations.

Mais pour la WWF, il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’une bien meilleure solution que la réouverture de la chasse. Aussi, car cette chasse bénéficie surtout au gouvernement et pas vraiment aux villageois lésés. Sans compter qu’elle e a souvent lieu pendant la saison sèche, alors que les principaux dégâts causés par les éléphants le sont à la saison des pluies. Un non-sens complet donc. Même si les agriculteurs doivent être entendus.

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