Non, les migrants ne sont pas un danger pour l’économie de la Belgique

Non, les migrants ne sont pas un danger pour l’économie de la Belgique

La Belgique ne sera pas sur la paille malgré l’arrivée des migrants chez nous. C’est en tout cas ce qui ressort d’un rapport de la Banque nationale: le pays va tenir le coup sur le plan économique sans problème. En fait, tout va dépendre de l’intégration des migrants sur le marché du travail. Le problème c’est que le taux d’emploi des immigrés est faible dans notre pays et c’est peut-être sur ce point qu’il faut s’interroger.

« On croit que c’est la catastrophe, ce n’est pas la catastrophe. (…) Donc quand la N-VA ou d’autres font croire qu’on est submergés, qu’on ne sait pas faire face, ce n’est pas vrai »: l’ancien Premier ministre, Elio Di Rupo, l’a dit à newsmonkey.

La Banque nationale va dans le sens de Di Rupo: la Belgique peut faire face à cette nouvelle vague de migrants, notamment d’un point de vue économique.

Moins de demandes d’asile qu’en 1999-2000

La Belgique a reçu 35.500 demandes d’asile en 2015. Bonne nouvelle selon la Banque nationale: si ce sont majoritairement des hommes, ils sont « plus éduqués » que lors des précédentes vagues migratoires. 35.500, c’est beaucoup, mais c’est toujours moins qu’en 1999 (35.800) et surtout qu’en 2000 (42.700) lors de la crise des Balkans et du Kosovo.

Il faut maintenant regarder les chiffres avant de s’insurger et de penser que les migrants vont mettre la Belgique sur la paille. C’est ce que permet de faire le rapport de la Banque nationale.

CGRA

1,3 milliard d’euros d’allocations sociales pour les migrants

Il est vrai que ces migrants vont engendrer des coûts supplémentaires qui n’étaient pas prévus. Et c’est tout à fait normal. Ces dépenses sont estimées par la Banque nationale: elles seront de 134 millions d’euros en 2015, 308 millions d’euros en 2016 et 154 millions en 2017. À cela, il faut ajouter 1,3 milliard d’euros d’allocations sociales sur la période 2015-2020.

Alors OK, ça fait beaucoup d’argent à dépenser. Mais l’arrivée d’autant de migrants sur notre territoire aura aussi un effet sur la croissance que peu de monde imagine. En 2020, le PIB augmentera de 0,1%. C’est plutôt simple à expliquer en fait: en mettant la main à la poche – ce qui va augmenter ses dépenses publiques, OK – l’État va pousser à la consommation.

Encore faut-il que ces migrants se voient offrir une chance de pouvoir consommer sur le court ou moyen terme. Et cela passe par leur intégration dans la société mais surtout sur le marché du travail.

Donner du travail aux migrants

Mais nous avons toujours un problème à ce niveau et nous ne pouvons pas le nier car les chiffres ne mentent pas. Il y a 28% d’écart entre le taux d’emploi des immigrés non-européens et les Belges de souche.

« Les personnes issues de l’immigration sont également plus souvent occupées dans des emplois faiblement qualifiés, sous des contrats de travail temporaires et pour lesquels ils sont davantage surqualifiés que les natifs », écrit aussi la Banque nationale. Ce sont là des problèmes qu’il faut résoudre si on veut que la Belgique bénéficie de tous les avantages que les migrants peuvent offrir.

Des non-européens dans les fonctions publiques?

Comment procéder? La Banque nationale suggère différentes pistes pour faciliter leur intégration sur le marché du travail. On peut aider les migrants à valider des compétences obtenues dans leur pays car certains débarquent avec des diplômes non reconnus chez nous. Pour cela il faudra aussi leur offrir des formations linguistiques et professionnelles poussées. La Banque nationale suggère aussi d’embaucher des non-européens dans les fonctions publiques et de lutter contre toute forme de discrimination à l’embauche.

Tout ça c’est bien beau… Maintenant il faut voir si ces propositions seront suivies d’actes, histoire de rassurer, sur le court ou moyen terme, ceux qui penser que les migrants vont ruiner la Belgique.

epa

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