Netflix se mêle au débat américain sur l’IVG en menaçant de ne plus tourner dans les états qui l’interdisent

Netflix se mêle au débat américain sur l’IVG en menaçant de ne plus tourner dans les états qui l’interdisent

En ce moment, le débat sur l’interruption volontaire de grossesse est à son paroxysme aux États-Unis. Après l’Alabama, d’autres états envisagent de durcir la loi sur l’IVG et ça ne plait vraiment pas à tout le monde. C’est le cas de Netflix qui menace d’arrêter de tourner ses films et séries dans les états qui s’attaque à l’avortement. 

En 2019, les débats concernant l’IVG sont encore très clivants et virulents. Netflix a décidé de s’y engouffrer à ses risques et périls. En effet, après l’Alabama, l’état de Georgie vient d’adopter une loi interdisant l’avortement dès que les battements de coeur du foetus sont perceptibles. Cela correspond environ à 6 semaines de grossesses, une période où de nombreuses femmes ne sont même pas conscientes d’être enceintes.

Alors, le responsable des contenus de Netflix Ted Sarandos a réagi à tout ça pour Variety: « Nous employons de nombreuses femmes sur des productions en Géorgie, dont les droits, comme ceux de millions d’autres, subiront des restrictions sévères en raison de cette loi. » Du coup, la plateforme de streaming menace d’arrêter les tournages dans cet état des USA.

Un état convoité

En fait, la Géorgie est un état américain très convoité par les sociétés de production de films et séries. Tout simplement parce que cet état offre des avantages fiscaux intéressants. C’est pourquoi de très gros films ont été tournés là-bas comme Black Panther, Avengers : Infinity War et Avengers : Endgame, Stranger Things, The Walking Dead etc.

Mais pour l’instant, les tournages vont suivre leur cours en Géorgie. « Étant donné que la législation n’est pas encore entrée en vigueur, nous continuerons à tourner là-bas, tout en soutenant aussi les partenaires et les artistes qui ont choisi de ne pas le faire. Si la loi devait être appliquée, nous aurions une réflexion sur la totalité de nos investissements en Géorgie » précise Ted Sarandos. D’autre part, quelques stars et maisons de production ont appelé à boycotter cet état mais l’appel n’a pas vraiment été suivi.

Hollywood réfléchit

Netflix semble avoir montré l’exemple puisqu’on réfléchit aussi à la possibilité de se passer de la Géorgie du côté d’Hollywood. « Nous allons continuer à surveiller la situation » assure à ce propos Chris Ortman, porte-parole de la Motion Picture Association of America, association qui regroupe les six poids lourds de Hollywood (Paramount, Sony, Universal, Disney, Warner Bros, récemment rejoints par Netflix). C’est quelque chose de capital puisque les productions en Géorgie représentent plus de 92.000 emplois. Il faudra donc attendre que la situation évolue pour voir si le monde du divertissement américain se passera vraiment de cet état pour le moins cinématographique.

Mais il y a tout de même de quoi se réjouir: « Il faut se souvenir que d’autres États ont tenté d’adopter des législations similaires et qu’elles ont été invalidées par des tribunaux ou font actuellement l’objet de plaintes » relativise Chris Ortman. Rappelons enfin que toutes ces lois contre l’IVG aux États-Unis ont pour objectif de tester les limites du jugement de la Cour suprême des États-Unis « Roe v. Wade » qui avait reconnu en 1973 le droit des femmes à avorter tant que le fœtus n’est pas viable. Des manifestations ont lieu un peu partout dans le pays pour s’indigner contre cette nouvelle vague anti-avortement qui s’est installée dans le pays depuis l’arrivée de Donald Trump au pouvoir.

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