Moins de bouchons et meilleure qualité de l’air: Paris interdira les véhicules diesel en 2024 et les thermiques en 2030

Paris ville lumière certes, mais pour nombre de visiteurs, c’est plutôt Paris ville bouchon, et surtout pollution. Une situation d’engorgement qui devrait toutefois changer dans les années à venir, alors que la capitale française prend le train en route de la transition énergétique.

Dans un entretien avec le média spécialisé dans la politique européenne Euractiv, Dan Lert, adjoint au Maire de Paris chargé de la transition écologique, du plan climat, de l’eau et de l’énergie, s’est étendu sur les projets envisagés pour l’avenir de la capitale française, en particulier face à l’omniprésence de la voiture. Celui-ci soutient que la politique de réduction du trafic parisien porte ses fruits, et que le nombre de véhicules diminue de 5% par an depuis plusieurs années. Il a en outre annoncé les mesures à venir, et celles-ci seront capitales : les véhicules fonctionnant au diesel seront bannis de la cité dès 2024, tandis que celle-ci sera interdite à tout engin fonctionnant avec un moteur thermique en 2030.

38% de véhicules diesel

« Nous sommes sur une échelle de 226.758 véhicules diesel, ce qui correspond à 38% des véhicules privés à Paris » décompte l’adjoint au maire. « Ce qu’il faut savoir, c’est que seulement 35% des Parisiens ont une voiture privée, ce qui reste largement minoritaire dans la ville. Notre vision à long terme n’est pas d’éliminer les voitures de la ville, mais plutôt d’organiser la transition vers une mobilité bas carbone. […] Notre objectif est donc de réduire la place de la voiture dans la ville et de promouvoir toutes les formes de mobilité active. Et nous parlons donc des politiques liées aux vélos, au covoiturage, etc. qui nous permettent d’être sur la bonne voie en termes de réduction de la pollution. »

20.000 Parisiens exposés au dioxyde de carbone

Dan Lert présente d’ailleurs des résultats qu’il estime plutôt positifs sur ce tableau, alors que l’État français a été condamné en 2021 à une sanction historique pour son inaction sur les questions de pollution de l’air, et qu’on estime à 20.000 le nombre de Parisiens qui sont exposés à des concentrations de dioxyde d’azote supérieures aux recommandations de l’OMS.

Mais selon lui, sur le long terme, la situation de la qualité de l’air s’améliore en Île-de-France avec une baisse de 35% des concentrations de dioxyde d’azote à proximité du trafic entre 2009 et 2019. Des mesures qui, selon le politicien, sont amenées à s’améliorer avec ces nouvelles mesures à moyen terme.

Pour arriver à ces ambitieux objectifs, Dan Lert estime que Paris devra faire la part belle aux mobilités alternatives en général, et au vélo en particulier, avec de nouvelles pistes cyclables et de nouveaux parkings dédiés. Mais aussi avec l’implantation en milieu urbain de zones à basses émissions afin d’accélérer le renouvellement du parc de véhicules vers des versions plus modernes et donc moins polluantes, voire non thermiques. « Nous militons pour le renforcement des normes  » Euro  » d’émission des voitures, qui relèvent de la Commission européenne et du Parlement européen, aux côtés d’autres grandes villes européennes à travers des associations comme Eurocities », rappelle-t-il.

Des incitants financiers pour une mesure controversée

Il promet aussi la mise en place d’incitants financiers pour celles et ceux qui voudraient abandonner le thermique, voire la voiture. La Ville de Paris accorde une aide financière de 400 euros pour l’achat d’un vélo neuf avec ou sans assistance électrique, et de 600 euros pour un vélo cargo. Pour les professionnels, elle peut aller jusqu’à 9 000 euros pour l’achat d’un camion électrique, hydrogène ou GNV de plus de 3,5 tonnes.

Le sujet de l’interdiction des véhicules diesel puis thermiques à Paris n’est pas neuf, mais sa mise en place progressive a en fait déjà pris du retard. Le système que la France voulait mettre en place dès janvier 2021 pour automatiquement verbaliser tout véhicule arborant une vignette Crit’Air 4 ou plus n’est en effet toujours pas sur les rails. Des problèmes techniques qui, en décembre dernier, ont provoqué un retard d’au moins un an de la verbalisation des propriétaires de véhicules jugés trop polluants car trop anciens, rappelle Le Point. C’est donc en théorie pour janvier 2023 que les véhicules diesel d’avant 2006 selon bannis de Paris. Sauf nouveau retard, et attention, car l’absence de vignette sur la voiture est déjà verbalisé.

A l’époque, le média français craignait d’ailleurs que cette mesure, considéré comme très discriminatoire envers les personnes n’ayant ni la possibilité de se passer de voiture, ni les moyens d’en acheter une neuve, ne suscite des troubles sociaux qui auraient pu peser sur l’élection présidentielle.

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