Les premières missions pour miner des minerais rares sur des astéroïdes partiront cette année

Des minéraux rares sur Terre, mais abondants dans l’espace : c’est en train de devenir une véritable motivation pour certaines entreprises, qui estiment plus simple, voire moins coûteux, de forer en orbite plutôt que de creuser notre planète.

Pourquoi est-ce important ?

Le nouvel engouement pour la conquête spatiale n'est plus tant motivé par un esprit pionnier et une envie d'être le premier à planter son drapeau quelque part ; maintenant, on compte bien rentabiliser nos investissements en orbite.

AstroForge est une startup qui envisage de miner des métaux directement sur des astéroïdes, et qui estime que cela peut s’avérer moins cher que dans nos mines terrestres tout en rejetant moins de CO2 dans notre atmosphère.

  • Dans un communiqué publié sur son site le 24 janvier dernier, l’entreprise a rappelé qu’elle avait bouclé un tour de table qui lui a rapporté 13 millions de dollars, et annoncé dans la foulée que ce budget lui permettrait de mener à bien ses deux premiers lancements cette année.
  • La première mission partira en avril 2023 à bord d’un Falcon 9 de SpaceX, sous la forme d’un cubesat nommé Brokkr-1, et construit par la société britannique OrbAstro, qui devra démontrer la faisabilité d’extraire des minerais en apesanteur et de les raffiner dans l’espace.
  • La seconde, Brokkr-2, prévue pour octobre 2023 dans le cadre d’une mission lunaire de SpaceX, consistera en une mission exploratoire vers un astéroïde en orbite terrestre considéré comme un terrain de prospection prometteur.
  • AstroForge recherche en particulier des métaux du groupe du platine : ruthénium, rhodium, palladium, osmium, iridium, platine, et rhénium. Des métaux rares, aux propriétés physiques bien particulières, et donc forcément très précieux. Selon des chiffres datant de 2005, la valeur marchande respective du palladium était la moitié de celle de l’or, celle du platine le double de la valeur de l’or, et celle du rhodium le triple.

« Ces deux missions sont monumentales non seulement pour AstroForge, mais aussi pour la société dans son ensemble. Nous prouvons pas à pas que l’exploitation minière des astéroïdes n’est pas un fantasme de science-fiction, mais une méthode viable pour protéger et préserver notre Terre. »

AstroForge

Exploiter l’espace pour soulager la planète ?

  • Selon l’entreprise, exploiter ce genre de substances rares et précieuses en orbite s’avérerait, à terme, moins générateur de monoxyde de carbone et de pollutions diverses que de creuser notre planète pour en obtenir. La rentabilité de la démarche doit toutefois encore être démontrée, mais comme un nouveau projet de prospection prend des années pour déboucher sur une mine terrestre, la question mérite en effet d’être posée.
  • À tel point que la question de la concurrence se pose déjà, comme aux premiers temps de la quête du pétrole sur Terre : AstroForge a déjà précisé qu’elle ne nommerait pas les astéroïdes à prospecter, au nom de l’exclusivité : « Je ne pense pas que nous ne divulguerons jamais publiquement les astéroïdes que nous allons visiter, précise Matt Gialich, confondateur de l’entreprise, auprès de Space News. « Nous ne voyons pas vraiment la nécessité d’en divulguer le nom, alors pourquoi prendre des risques en le divulguant ? »
  • AstroForge a seulement précisé que l’astéroïde visé faisait moins de 100 mètres de diamètre. Il faudra environ 11 mois pour atteindre l’astéroïde, en le survolant à une distance d’environ un kilomètre en espérant qu’il soit bien composé de métaux précieux. La mission globale durera deux ans, pour simuler une mission aller-retour. Et si c’est bien le filon espéré, d’autres suivront très probablement.
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