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Les messages sécurisés sur Messenger et Instagram, ce n’est pas pour tout de suite


© Crédit: Christoph Dernbach/dpa via ISOPIX

Mauvaise nouvelle pour les utilisateurs de Messenger et Instagram, les messages privés envoyés sur ces deux plateformes ne profiteront pas du chiffrement de bout en bout avant 2023, au mieux.

Meta, la maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp, a modifié ses plans de déployer le chiffrement de bout en bout au sein des conversations privées de Messenger et Instagram, rapporte The Guardian. Une décision prise à la suite de protestations de militants pour la sécurité des enfants qui craignent que cette protection supplémentaire pour la vie privée des utilisateurs empêche la détection des agresseurs d’enfants.

Renforcer la confidentialité, au détriment des victimes

Le ministre de l’Intérieur britannique, Priti Patel, n’a cessé de critiquer le projet de chiffrement de bout en bout des messageries privées de Facebook et Instagram, le qualifiant de « tout simplement inacceptable ». Pour la Société nationale pour la prévention de la cruauté envers les enfants (NSPCC), le projet de Meta représente bel et bien un risque pour la sécurité des enfants, car avec cette nouvelle mesure censée renforcer la confidentialité sur les applications, cela va surtout empêcher les forces de l’ordre et les plateformes technologiques elles-mêmes de détecter les abus.

Face aux critiques et aux pressions, Meta a modifié son calendrier. Le chiffrage de bout en bout ne devrait ainsi pas être déployé avant 2023, alors que ce dernier était initialement prévu pour 2022.

« Nous prenons notre temps pour bien faire les choses et nous ne prévoyons pas de terminer le déploiement mondial du cryptage de bout en bout par défaut sur tous nos services de messagerie avant 2023 », a écrit la responsable de la sécurité au sein de Meta, Antigone Davis, dans le Sunday Telegraph. « En tant qu’entreprise qui connecte des milliards de personnes à travers le monde et qui a construit une technologie de pointe, nous sommes déterminés à protéger les communications privées des personnes et à assurer la sécurité des personnes en ligne. »

Peser le pour et le contre

On peut aisément comprendre le dilemme auquel fait face Meta. D’un côté, apporter le chiffrement de bout en bout au sein de l’ensemble de ses messageries serait un atout majeur pour l’entreprise – WhatsApp en profite déjà depuis de nombreuses années, c’est d’ailleurs l’une de ses grandes qualités –, mais comme le soulignent les critiques, cela rendrait la détection de messages d’abus plus compliqué.

La responsable de sécurité chez Meta a cependant indiqué que l’entreprise resterait tout de même en mesure de détecter les abus en utilisant des données non cryptées, des informations de comptes, voire des rapports d’utilisateurs. Une stratégie déjà appliquée sur WhatsApp. « Notre récent examen de certains cas historiques a montré que nous aurions toujours été en mesure de fournir des informations critiques aux autorités, même si ces services avaient été cryptés de bout en bout », a ainsi déclaré Antigone Davis.

Malgré tout, contenter tout le monde ne sera pas une tâche facile pour Meta, surtout quand on sait que l’UE souhaite mettre en place un système pour détecter les abus en scannant les smartphones des citoyens, mais aussi pour lutter contre le terrorisme. Un projet qui ne plait pas à grand monde, notamment aux plateformes sociales.

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