Merkel avoue que l’Allemagne n’a pas fait assez pour empêcher la crise des réfugiés

Merkel avoue que l’Allemagne n’a pas fait assez pour empêcher la crise des réfugiés

Angela Merkel fait son mea culpa ou presque concernant la crise des réfugiés. Interrogée dans les colonnes du quotidien Süddeutsche Zeitung, la chancelière allemande a concédé que l’Allemagne n’avait pas assez agi face à ce qui s’est révélé être un problème croissant ces dernières années. Pas sûr que cela suffira à la faire grimper dans les sondages alors qu’une nouvelle défaite à une élection régionale est annoncée pour son parti dimanche…

“En Allemagne nous avons ignoré le problème trop longtemps et bloqué la nécessité de trouver une solution pan européenne”, explique Angela Merkel dans cette interview.

“Nous ne nous sommes pas attaqués au problème de manière appropriée”, ajoute-t-elle, expliquant que les réfugiés étaient déjà nombreux aux frontières de l’Europe dès 2004 ou 2005 mais que l’Allemagne avait laissé d’autres pays, comme l’Espagne, en proie à cet afflux de réfugiés.

En outre, l’Allemagne avait refusé le système de répartition proportionnelle des réfugiés dans les pays de l’Union européenne à l’époque.

“L’Allemagne restera toujours l’Allemagne”

Dix ans plus tard, l’Allemagne a accueilli 1,1 million de migrants sur son sol en 2015. “Nous y arriverons”, avait promis Merkel, il y a tout juste un an quand ces concitoyens s’inquiétaient.

Mais avec cette interview, elle reconnaît pour la première fois des erreurs dans la gestion de cette crise des réfugiés. Elle espère toutefois que l’UE va poursuivre sa coopération avec la Turquie, l’Afrique ou les zones en conflit pour gérer au mieux les afflux de réfugiés à venir.

Quant à ceux qui s’inquiètent de voir l’Allemagne perdre de son identité avec tous ces nouveaux arrivants, elle rassure: “L’Allemagne restera toujours l’Allemagne, avec tout ce qui nous est cher”, promet-telle, balayant au passage tout amalgame: “Il est faux de dire que le terrorisme est arrivé seulement avec les réfugiés. Il était déjà là sous plusieurs formes différentes”.

Une claque pour Merkel dimanche?

Cette interview a été donnée alors que la cote de popularité d’Angela Merkel continue de baisser: elle ne bénéficie plus que de 42% d’opinions favorables. Dans un sondage publié dimanche, 50% des personnes interrogées ne veulent pas qu’elle reparte pour un mandat de chancelière en septembre 2017.

La politique de Merkel concernant les réfugiés devrait aussi être l’une des principales raisons à la défaite annoncée de son parti, l’Union des chrétiens-démocrates (CDU), lors de l’élection au parlement régional de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale dimanche. Une défaite qui ferait mal à Merkel, dans une région qui représente son fief électoral, où son parti a gagné les élections sans discontinuité depuis 1990…

EPA

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