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L’Union européenne fait marche arrière et réautorise les farines animales dans l’alimentation des élevages


© Isopix

Depuis cet été, l’UE a modifié sa position sur le nourrissage des animaux d’élevage à l’aide de « protéines animales transformées ». Les règles seront toutefois très strictes. Les quasi-totalité des pays de l’Union suivra cet assouplissement des règles.

Plus de 20 ans après la crise de la vache folle, ses effets se font toujours sentir: ce n’est que l’année dernière que le Japon a autorisé à nouveau les importations de viande de boeuf d’origine française sans restriction. L’archipel maintenait jusqu’ici un embargo qui ne laissait passer que les viandes issues de bœufs âgés de moins de 30 mois. Mais c’est une mesure ô combien plus symbolique que vient de prendre l’Union européenne en autorisant à nouveau l’utilisation de protéines animales dans l’alimentation des animaux d’élevage.

La vache folle, mortelle et incurable

Le 18 août dernier, un article publié dans le Journal de l’Union a officiellement modifié la position de l’assemblée européenne sur les farines animales, qui datait de 2001. Celles-ci peuvent à nouveau servir à l’alimentation des animaux d’élevage, à l’exception des ruminants, et toujours dans des conditions très strictes.

Pour rappel, ces farines issues des carcasses broyées d’animaux retrouvés morts sont responsables de la prolifération dans les élevages de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), une maladie nerveuse, dégénérative et mortelle communément appelée maladie de la vache folle qui s’est répandue suite à des cas de cannibalisme, quand des bœufs d’élevage ont été nourris de farines issues de carcasses bovines. Celle-ci a commencé à contaminer des êtres humains à partir des début des années 1990, sous la forme d’une variante de la maladie de Creutzfeld-Jakob, mortelle et incurable, qui a provoqué le décès de 174 personnes en Grande-Bretagne et 22 en France.

Le porc et la poule, mais pas ensemble

L’UE compte exclure totalement les bovins de cette nouvelle filière: volailles et porcs seulement pourront servir à produire des « protéines animales transformées » (PAT) et en manger. Les farines de poulets pourront nourrir les porcs et inversement, mais le contact entre un animal et des protéines issues de la même espèces sera interdit à cause du risque de transmission d’une éventuelle maladie. Il reste interdit de les utiliser pour nourrir les ruminants, à savoir les bovins, mais aussi les chèvres et les moutons.

L’argument pour le retour des farines animales est bien sûr économique: alors que le prix des denrées agricoles est en hausse, « recycler » des carcasses impropres à la consommation humaine est meilleur marché que d’importer des tonnes de soja brésilien. Rien que cet été, l’UE a importé 2 millions de tonnes de soja, sous forme de flocons destinés au fourrage ou d’huile.

La quasi-totalité des États membres de l’Union européenne ont donné le feu vert à un assouplissement concernant l’utilisation des farines animales, à l’exception de l’Irlande et de la France, qui se sont abstenues. L’Hexagone a été fort touché par la maladie de la vache folle et garde une méfiance certaine. D’autant que le discrédit porté aux viandes d’origine française, frappées d’embargo dans plusieurs pays à l’époque de la crise de la vache folle, avait eu de conséquences économiques désastreuses pour le secteur agricole. Le ministère français de l’Agriculture a demandé un nouvel avis à l’Agence nationale de sécurité sanitaire sur le sujet. Le premier, publié en juillet dernier, enjoignait à respecter une stricte séparation des espèces, de l’élevage à l’assiette.

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