L’Espagne se divise: le socialiste Sanchez gagne les élections, mais ne pourra gouverner sans les séparatistes

L’Espagne se divise: le socialiste Sanchez gagne les élections, mais ne pourra gouverner sans les séparatistes

Le parti du Premier ministre sortant, le PSOE (Parti socialiste ouvrier espagnol), remporte les élections en Espagne. Les socialistes bénéficieront de 29%, soit 123 sièges du Congrès. Un score trop insuffisant pour pouvoir se passer des séparatistes catalans et basques alors que l’extrême droite fait son entrée à l’assemblée.

Premier constat: la courte victoire du parti de Pedro Sanchez l’empêche d’avoir une majorité absolue avec le parti de gauche radicale, Podemos. Rappelons qu’il faut 176 sièges pour disposer d’une majorité absolue, mais Podemos n’en a obtenu que 42. Sanchez doit donc ouvrir son horizon, il n’a d’autres choix que de se tourner vers les séparatistes, même s’il a déclaré dans la foulée qu’il ne serait pas question de séparation.

Pedro Sanchez veut un gouvernement pro-européen, qui se bat pour plus de justice fiscale et respecte la constitution. Un message à peine voilé aux séparatistes. De leur côté, les conservateurs du Partido Popular subissent une défaite considérable. Le parti ne représente que 17% des voix, soit 66 sièges. En 2016 encore, il s’agissait pourtant du parti le plus important. Pablo Casado, qui succédait à l’intransigeant Mariano Rajoy, n’a pas su relever la barre et dépasse à peine le parti de centre-droit Ciudadanos (15,8%) et le parti de gauche radicale Podemos (14,3%), respectivement 3e et 4e.

Montée de l’extrême droite

Le succès de Sanchez est en partie dû à des mesures populaires: l’augmentation des pensions et du salaire minimum. Ces mesures sociales, en plus de l’émergence du parti d’extrême droite Vox, ont poussé les partis concurrents vers la droite, laissant le champ libre au PSOE pour s’installer sur l’échiquier politique.

Mais en plus de Podemos, les socialistes devront sans doute s’embarquer avec les Catalans. Rappelons que ce sont ces mêmes Catalans qui ont fait tomber le gouvernement de Sanchez en février dernier.

Ces nouvelles élections ont en tout cas suscité beaucoup d’enthousiasme dans la région séparatiste, avec un taux de participation élevé. Rappelons encore que le Parlement catalan avait déclaré son indépendance en 2017, déclaration jugée anticonstitutionnelle. À nouveau, le séparatisme catalan, tout comme le basque, ont été l’un des principaux thèmes de cette campagne.

Vox en a profité pour se faufiler, à coups de grandes déclarations pour préserver l’unité de l’Espagne. C’est d’ailleurs l’un des grands fondements du parti créé en 2013. Sa création et son essor sont essentiellement liés à la crise séparatiste de 2017.

“Nous allons défendre l’unité et interdire les partis à l’indépendance”, déclarait le chef du parti Santiago Abascal en campagne. “Nous sommes fatigués de les voir s’accaparer nos impôts. Ils détruisent l’Espagne, héritage sacré de nos grands-parents.”

epa

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