Les Suisses votent aujourd’hui pour ou contre un revenu de base chaque mois. SPOILER: ils n’en veulent probablement pas

Les Suisses votent aujourd’hui pour ou contre un revenu de base chaque mois. SPOILER: ils n’en veulent probablement pas

Ils en ont parlé, ils ont examiné le sujet en long et en large (leurs politiciens et leurs économistes aussi), ils se décident aujourd’hui: les Suisses vont voter « oui » ou « non » au revenu de base. Mais la révolution ne serait pas pour aujourd’hui: d’après les sondages, plus des deux tiers des Suisses n’en veulent pas. 

Alors, pour ou contre un revenu de base, inconditionnel, versé à tout un chacun quelle que soit sa fortune, quel que soit son salaire? « Contre » en tous cas du côté du Conseil fédéral – vous savez, les sept « sages » qui forment ensemble l’organe exécutif de la Suisse. « Contre » du côté du Parlement. Et « contre » encore, pour 71% des Suisses selon le sondage de gfs.bern.

Aujourd’hui, les urnes vont parler: les Suisses devront se prononcer sur le principe-même de l’allocation universelle sur le territoire helvète, pas (encore) sur son mode de fonctionnement ou son montant. Une somme serait donc versée à tous les citoyens suisses mais également à tout qui vit sur le territoire suisse depuis au moins deux, trois ou cinq ans. Et tout le monde en bénéficierait, jeunes, vieux, chômeur ou travailleur, diplômé ou non.

Révolutionnaire? Peut-être bien, mais apparemment les Suisses n’en veulent pas (encore) de cette révolution.

126.000 Helvètes

Quand même, ce sont 126.000 Helvètes qui ont signé la demande de cette votation, regroupés depuis 2013 derrière le collectif « Génération RBI » et l’image de l’abeille: cette petite bête évolue dans une « structure alliant liberté, efficacité et travail collectif ». Le collectif ne voit pas de raison qu’on puisse venir s’installer en Suisse uniquement pour toucher ce revenu inconditionnel. Il souligne encore que, d’après les sondages toujours, 90% des gens continueraient à travailler si le système du revenu de base était en place. Le montant qu’ils proposent? 2300 euros par mois par adulte et 560 pour un mineur. Ce n’est pas rien, mais ce n’est pas assez pour vivre en Suisse.

Une fois qu’on sort la calculette…

… Ça devient une utopie. En tous cas, c’est ce qu’avance le Conseil fédéral. Chaque année, il faudrait sortir d’un chapeau magique quelques 22,5 milliards d’euros. Et ce n’est pas seulement une question de gros sous: les questions abondent, qu’elles soient pratiques ou de société. Les gens vont-ils encore vraiment travailler? Et trouvera-t-on preneur pour tous les jobs? N’encourage-t-on pas là une vision négative du travail, voire la paresse?

L’idée gagne du terrain

En Alaska, en Namibie, en Finlande à partir de 2017 mais aussi à l’essai à Utrecht: l’idée de l’allocation d’un revenu de base gagne du terrain, de pair avec la mécanisation croissante de l’emploi.

Et ceux qui la portent viennent de tendances politiques variées. En Belgique par exemple, quelques uns au sein du MR et de Ecolo soutiennent l’idée. À gauche de l’échiquier politique, on s’y oppose plutôt.

Si le principe divise, déjà, son implémentation pourrait s’avérer encore plus compliquée: le diable se cache probablement dans les détails d’un tel projet, dans la définition du montant, des conditions ou encore des récipiendaires. La Suisse, aujourd’hui, nous donnera sans doute simplement une idée de qui s’y sent prêt.

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